Aux Ramières (26) les 14-15-16 mai 2016

Discussion sur les valeurs de la (décroissance)

→ Simplicité, visibilité, pourquoi pas doter la décroissance d’une devise ? Pour explorer cette idée suggérée lors de la première rencontre des Ramières, nous avons besoin d’identifier des valeurs : cette réflexion était à l’ordre du jour comme discussion lente.

  • Notre groupe a pensé cette devise sous la forme de l’énonciation de valeurs fondatrices (chacun a en tête la devise de la république française : « liberté, égalité, fraternité »). S’est alors implicitement présentée la question « quelles sont les valeurs de notre mouvement ? ». Nous avons alors chacun noté cinq valeurs susceptibles de nous représenter, de nous identifier et de nous rendre plus visibles. En voici la liste complète :

Humanité, partage, limites, convivialité, écologie, sobriété, émancipation, dignité, humilité, modestie, sagesse, calme, sérénité, bonheur, pérennité, équité, liberté, joie de vivre, attention aux autres, bienveillance, respect, décence,  produire moins, ailleurs, autrement, solidarité, décoloniser nos esprits, vivre pleinement, être avec les autres, simplicité, antiproductivisme, équilibre de la nature, autogestion

  • La méthode de la discussion lente nous a permis de dégager en quoi ce que nous pourrions entendre par « valeur » doit être « identifiant et clivant » :
    • Une valeur trop consensuelle ne peut pas être clivante : par exemple, qui s’afficherait contre l’humanité  ou pour l’animalité ? En revanche, tout le monde ne s’identifie pas par la convivialité.
    • Une valeur s’inscrit souvent en opposition à une autre valeur : c’est la différence qui fait l’identité. Il faudrait donc que les valeurs choisies aient des contraires inacceptables : par exemple, un des contraires de « simplicité » est « complexité », terme qui n’est pas forcément à exclure, alors que le contraire d’ »émancipation » est « aliénation ».
  • Par une discussion et un procédé démocratriques nous avons retiré de la liste les 12 valeurs qui selon nous représentaient le moins bien la décroissance. À chacune des 17 propositions restantes nous avons chacun attribué une note entre 0 et 3.

Décoloniser nos esprits                2                             Humanité           3                             Joie de vivre      3

Simplicité            4                                             Solidarité            4                             Dignité                 4

Équité                  5                                             Bienveillance     5                             Respect                               5

Décence              6                                             Autogestion      7                             Limites                 8

Écologie              10                                          Sobriété              12                           Convivialité       14

Émancipation   14                                          Partage                               15

→ Nous avons arrêté notre travail ici pour laisser la discussion sur la devise encore suffisamment ouverte. Nous avons conclu qu’un peu d’humour pouvait s’ajouter à notre proposition : Partage, conviviage et émancipage ; ou bien : partité, convivialité et émancipité ; ou bien : partation, conviviation et émancipation.

→ le suffixe « …age » renvoie à « action » ; «… ité » à un « concept » ; « …ation » à un « processus ».

Elections

→ Analyse générale

  • Personne n’était radicalement contre le principe de la présence de décroissants aux élections : bien évidemment, il faudrait tenir compte des types d’élections et des modes de scrutin.
  • Mais certains d’entre nous, tout en acceptant/respectant ce principe, étaient très méfiants sur une telle présence électorale.
  • Il s’agit donc de faire des propositions et des analyses qui rassurent ceux qui veulent y aller et aussi de proposer des garde-fous pour rassurer ceux qui ne veulent pas y aller.
  • D’où l’idée d’un « espace écologique électoral » pour permettre à touTEs de rester dans la « maison commune » :
    • Accepter de dépasser un plancher d’invisibilité.
    • Refuser de franchir le plafond du Spectacle et du Pouvoir (nous ne voulons pas répéter la fable de la prise préalable du Pouvoir pour changer le monde).

→ Ce tableau tente de faire l’inventaire des  +  et des  – (il résulte de 2 tours de table, l’un en défendant sa position, l’autre en se mettant à la place de ce que l’on critique)

+
Information, tribune de visibilité Prendre le risque de décevoir en externe
Visibilité de nos valeurs et propositions Spectacle de la politique, perdre son âme
Enfin un choix de voter « pour » Coût des élections
Bousculer le débat politique avec nos belles revendications
Le suffrage est un acquis démocratique Les circonstances favorables ne sont pas là → pas assez de misère (nous ne sommes ni en Grèce ni en Espagne) → en attendant, se tenir prêts
Tri pragmatique de nos analyses (programme)
Mobilisation des décroissants Echéances électorales en clignotant
Convergences : faire nombre Convergences : perdre sens (plus petit dénominateur commun)
Accès au financement public → avoir des moyens Prendre le risque de décevoir en interne
Gain de sérieux Risque du discrédit
De toute façon, faiblesse du score
Possibilité de gagner Possibilité de gagner

→ propositions garde-fous pour plafonner les dangers qui sont dus au pied électoral de notre visibilité politique :

  • On y va tant qu’on n’a aucun risque de gagner (à nuancer suivant le type de scrutin : municipal, parlementaire, régional, européen)
  • En cas d’éluE, rotation à ½ mandature avec suppléantE
  • Si changement de modalités de scrutin, rediscussion de notre position
  • Mise à l’écart des briguants/brigands du pouvoir (les « trop volontaires » pour y aller sont écartés)
  • Procédures de mise en humilité de ceux qui iraient aux élections (tri à partir d’un vote négatif, tirage au sort, vote préférentiel de type préférendum)
  • Mise en jachère des élus (après un mandat, mise au repos pour 2-5-10 ans ← délai à discuter)
  • Séparer les fonctions représentatives de (décroissance) suivant les périodes de non-élection et les périodes électorales (chez certains amérindiens, les leaders en temps de paix ne sont pas ceux qui sont les chefs de guerre) → en particulier pour le porte-parolat
  • Les décroissants ont déjà toute une liste de propositions : proportionnelle, pluralisme des modes de désignation (tirage au sort, délégation, mandat impératif) et de décision (referendum, preferendum, conférence de citoyens…), mandats courts, non-cumulables, révocables (bilan d’étape à mi-mandat)… (http://www.les-oc.info/2012/11/adresse-antiproductivistes/ )

 

  • Type d’activisme associé à ces garde-fous (manif, agitation ) : calme, mou, lent, silencieux…

Structuration de la Maison commune de la (décroissance)

→ Nous avons repéré les différentes possibilités à partir d’un continuum qui irait du « mouvement » au « parti » en passant par la « confédération » et la « fédération » :

  • Mouvement : confusion, brouillard donc invisibilité
  • Confédération : (–) : le risque du féodalisme, du chacun chez soi, du petit baron décroissant sur son territoire ou sa thématique ; (+) : permet de conserver des identités, des traditions, des héritages…
  • Fédération : (+) suffisamment de commun pour une « maison commune » (par rapport à la confédération, il y a davantage de mise en commun tant dans le fond commun que dans les structures et procédures communes) ; (–) où placer le curseur pour ne pas basculer dans la perte de dynamique venant des territoires comme des thématiques ?
  • Parti : centralisation de tous les aspects (hypercentralisme) en vue d’une efficacité électorale, domination du temps électoral, machine de Pouvoir (tant en interne qu’en externe).

Mouvement       ←           Confédération           ↔             Fédération                →              Parti

→Nous avons besoin de recherches et d’informations sur :

→ Nous avons surtout discuté sur les différences entre « fédération » et « confédération », il nous a semblé que :

  • La mise en avant de l’organisation thématique penchait vers la fédération : ce sont nos idées qui feront venir les décroissants en leur permettant de s’identifier à un cadre décroissant (nouveau paradigme, systémique, clivant et identifiant) → il faut d’abord faire sens
  • La mise en avant de l’organisation territoriale (géographique et historique) penchait vers la confédération (intégrer des héritages et des cultures) → il faut faire nombre (rassembler les décroissants d’ores et déjà existants)
  • Il n’y a pas vraiment opposition mais c’est une affaire de dosage: car chaque forme d’organisation a sa pente dangereuse : la confédération vers l’excès d’autonomie (le « chaos »), la fédération vers le centralisme partidaire (perte de liberté et de résilience).

→ Nous avons repris le schéma d’un disque dur central (le cœur, la base de la Maison commune) et de rayons convergents (qui peuvent pourtant être diamétralement opposés)

  • A l’intérieur du périmètre commun, se trouveraient des « valeurs », des procédures, des propositions/revendications…
  • Il nous a semblé que la distinction centre/périphérie recoupait des distinctions comme faire sens/faire nombre, Pour / Contre, thématique / territorial
    • Autrement dit qu’à la périphérie, là où il aurait des « autonomies », ce serait plutôt régionalement que thématiquement, plutôt pour localiser des luttes que pour défendre des « pour ».
    • Que les défenseurs de plus d’autonomie reprocherait au centre son sectarisme (accusation de centralisme) alors qu’à l’inverse les partisans d’une organisation plus fédérale/fédératrice reprocherait aux partisans de la confédération de vouloir n’en faire qu’à leur idée, sans partager une visibilité commune
  • Et pour ceux qui se comporteraient sans respecter le disque central → ostracisme plutôt qu’exclusion

Processus de décision, comité savant et moral, (f)estives

  • Depuis notre première rencontre aux Ramières, certaines de nos décisions semblent avoir été prises selon un processus dont le caractère démocratique est discutable et discuté. D’autre part, nous avons constitué des groupes de travail auxquels nous avons fait confiance pour la réalisation du travail dont ils se rendaient responsables, et pour le caractère démocratique des décisions qu’ils seraient amenés à prendre. Il ne faudrait pas que cette confiance soit brisée.
  • Le groupe de travail qui se réunissait en Vendée a mis ce point crucial à l’ordre du jour qu’il a proposé pour les 2 premiers jours des (f)estives.

→ Partant de ce constat nous avons estimé qu’il était urgent et indispensable de définir des règles encadrant les processus de décisions des décroissants.

  • Pour respecter (renforcer ?) l’autonomie des groupes thématiques constitués sur le volontariat de ses membres, nous avons pensé que chacun des groupes devait être en mesure de rendre compte aux autres décroissants du déroulement de leurs discussions et du (des) processus démocratique(s) retenu(s) et appliqué(s) pour la prise de telle ou telle décision, ainsi que les résultats numéraires des votes par exemple.
  • Nous avons pensé que le simple fait d’être en mesure de rendre compte d’un caractère démocratique serait la plupart du temps suffisante → concrètement : tout travail doit donner lieu à des CR réguliers.
  • Si ce n’était pas le cas, tout membre d’un groupe thématique pourrait contester le caractère démocratique de telle ou telle décision devant les autres décroissants.
  • Nous avons donc besoin d’un site pour afficher les résultats des travaux du processus : c’est aujourd’hui le service que nous rendent les propositions de Pascal ; pour le forum : c’est à l’usage que nous pourrons juger.

→ Le comité savant et moral (comité éthique et scientifique) recevrait et analyserait cette requête.

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