Méthodes des (f)estives

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Les (f)estives des décroissant.e.s : des chemins, des démarches

Etre ensemble autrement

La décroissance est un chemin vers une société sobre et juste, qui reste à inventer…

Les (f)estives se proposent elles aussi de tenter des expérimentations sur le fonctionnement des groupes et les discussions entre décroissant.e.s…

Trois principes à la base de ces expérimentations :

  1. Honorer nos intervenants, en leur donnant le temps de s’exprimer, de développer leur pensée : ne pas les mettre en concurrence. Mais, soit leur consacrer toute notre écoute, soit organiser une discussion bienveillante avec un autre intervenant.
  2. Nous respecter nous-mêmes : prendre le temps de réfléchir et d’assimiler la matière apportée par l’intervenant. Ne pas hésiter donc à y revenir plusieurs fois, en prenant le temps de digérer.
  3. Faire émerger des propositions concrètes à l’issue de chaque session thématique : modes préférentiels de vie, éléments d’un lexique commun, clivages de fond, actions de refus comme de construction, belles revendications.

Nous voulons en finir avec les traditionnelles tables-rondes, avec les questions hors sujet, avec les échanges hargneux et les prises de parole intempestives… Surtout que cette fois-ci, le thème des (f)estives est la critique de l’individualisme, c’est-à-dire cette « fable » qui raconte qu’une société se construirait à partir de ses individus juxtaposés. Nous voulons au contraire défendre l’idée que la société précède les individus, que le Commun précède le Particulier. Dans ces conditions, ce serait peu cohérent de prétendre en débattre en plaçant côte à côté des intervenants, aux temps d’interventions réduits, avant de passer aux fameuses « questions de la salle » qui par expérience ne sont que trop souvent une suite de questions juxtaposées. Il y a là une façon de « consommer » les intervenants qui ne nous semblent pas la meilleure des manières de les honorer, d’honorer ce qu’ils sont venus nous offrir.

Un décroissant qui pratique l’auto-limitation, commence par lui

Chaque participant à des (f)estives a lu « Ceci n’est pas un règlement intérieur ». Il sait reconnaître et éviter les «  moisissures argumentatives » (Cortex + Indice). En conséquence, il devrait être conscient de ses propres limites et :

  • s’autorise à poser une question seulement s’il a écouté la communication et pense faire avancer la réflexion : tout effort de radicalité est le bienvenu,
  • n’est pas agressif,
  • ne monopolise pas la parole.

Les moyens

On mettra en œuvre plusieurs formes de partage :

  • La discussion lente : le « must » des décroissant.e.s ! Sur un thème défini, refuser de compter le temps qu’il faut pour repérer, formuler et discuter. Présences éventuelles d’un modérateur et d’un distributeur de parole.
  • L’entretien attentif : un seul intervenant, qui a le temps de développer ; on prend le temps d’écouter ; éventuellement, suivi d’un travail en groupes pour discuter ensemble de ce que chacun a recueilli, pour le partager ; éventuellement (mais décalé dans le temps), partage de ces questions avec l’intervenant.
  • Le grand échange : deux intervenants prennent le temps, par la confrontation de leurs thèses, d’approfondir une thématique à partir de leurs différences et de leur commun.
  • L’arpentage : c’est un travail sur un texte écrit. Par groupe, partage du texte ou travail en parallèle. Chaque groupe doit aboutir à un commentaire ou une proposition, qui est ensuite présentée en assemblée.
  • La disputation et la lecture : inspirée des débats théologiques du Moyen Âge, la disputation est la confrontation dynamique de deux points de vue opposés. Indispensable pour bien connaître les arguments de nos opposants ! Et aussi pour permettre de dégager, entre décroissant.e.s, ce qui est la « maison commune » et ce qui est encore sujet à discussion, mais plus à dispute ! La disputatio équilibre la transmission et la recherche, c’est une méthode pour l’intelligence collective. La disputatio était complémentaire de la lectio, qui reposait sur la lecture commentée d’un texte fondamental : pourquoi pas aussi ?
  • L’atelier : plus classique, c’est un travail en petits groupes, chacun traitant d’un aspect du thème retenu. Il peut y avoir des variantes : avec intervenant, ou animateur, ou rapporteur. Un atelier peut être récurrent mais aussi singulier : il faut explorer.
  • Le débat mouvant : détente, plutôt en fin de journée ! Sur une question clivante, chacun expose un argument pour ou contre. Ceux qui sont convaincus se placent d’un côté du fleuve du doute, les opposants sur l’autre rive. Une variante peut se « jouer » avec plusieurs lignes de clivages, ce qui permet d’affiner encore plus nos positions. A chaque argument, chacun est invité à reconsidérer sa position, et il peut en changer : belle manière de construire du consensus, avec sa tête et avec ses pieds.

Les propositions concrètes

Ces trois jours de rencontres doivent aboutir à formuler des propositions concrètes, tout un programme :

  • des modes de vie : parce que les décroissant.e.s font du sens de la vie une question politique,
  • des éléments de langage : le partage d’un lexique commun serait un puissant levier pour la visibilité de la décroissance,
  • des clivages et des identifications : dans les futures convergences que nous allons construire, les décroissant.e.s doivent repérer aisément ce qui constitue le fond de leur radicalité politique,
  • des actions : parce que réfléchir sans agir, c’est rêver, et agir sans réfléchir, c’est le cauchemar,
  • des revendications : de « belles revendications », de ces revendications qui même minoritaires dans l’opinion publique peuvent faire basculer une société.
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