CR des (f)estives 2107 de la décroissance

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Le sens de la vie est une question politique

Pour une critique radicale de l’individualisme

 Du vendredi 14 juillet au dimanche 16 juillet 2017. A Saligny-sur-Roudon (03)

 Nous pouvons affirmer que le bilan est très positif : de la bienveillance et aussi des dissensus (tant mieux), des repas délicieux, beaucoup de temps accordé aux discussions informelles.

Mais, en organisant ces (f)estives nous avions 2 objectifs, 1 de méthode [1] et 1 de contenu :

  1. Rompre avec le spectacle de la juxtaposition des intervenants, en attendant le soi-disant échange avec la salle : nous avons exploré des pistes et le bilan nous encourage à poursuivre dans cette voie pour la prochaine édition.
  2. Le contenu était ambitieux → articuler une question existentielle profonde (celle du sens de la vie) et une critique politique radicale (celle de l’individualisme) : l’apport d’Onofrio Romano, fortement basé sur une lecture anthropologique de George Bataille, sera, nous l’espérons, un moment décisif dans l’histoire de la pensée de la décroissance en France : la décroissance ne doit pas proposer la pénurie pour chacun.e.s mais proposer (politiquement) une organisation sociale telle que la question du « sens de la vie » (re-)trouve une réponse commune, celle de la « dépense » par la fête (à ne pas confondre avec le spectacle), par des moments communautaires qui permettent d’entretenir le lien social, de conserver des solidarités, de protéger la vie commune. Car aujourd’hui, si la marchandisation généralisée de la vie peut paradoxalement étendre son emprise, c’est bien parce qu’il existe encore, à la base, une vie sociale fondée sur les valeurs que les décroissant.e.s défendent : la convivialité, la mesure, la décence. Cette vie sociale existe encore, mais combien de temps…

Nous voilà retournés dans nos territoires de vie, quelle belle occasion de diffuser là où nous habitons, ce beau moment d’intelligence collective qu’ont été ces (F)Estives.

Sommaire

Vendredi matin : Introduction aux (F)Estives et présentation des méthodes

Rappel des événements à venir

Du 2 au 4 novembre : Forum Social Mondial Anti-nucléaire [2], place de la République à Paris

Trois origines à ce thème des (F)Estives

  1. Lors des (f)Estives à Cerbère [3] en 2014, l’invité d’honneur était Serge Latouche. Chaque intervenant n’avait que 20 minutes pour développer son propos, et beaucoup de prises de parole qui ont suivi ont paru inadaptées. C’est pourquoi il a été choisi cette année de développer des méthodes de discussion alternatives, qui n’aient pas pour objectif de « flatter les nombrils des uns et des autres » (sic) mais qui laissent aux intervenants le temps d’exposer leurs idées (et le temps au public de les digérer pour en sortir des réflexions pertinentes et fructueuses).
  2. L’engagement des décroissant.e.s dans le processus a aussi fait naître des interrogations sur la construction d’un Commun : comment est-ce qu’on fait du Commun ? Il est apparu qu’on ne fait pas du commun avec des individus, que le commun n’est pas l’addition de nombrils juxtaposés (comme le défend le capitalisme). Au contraire, le commun nous préexiste (on ne parle pas à quelqu’un avec SA propre langue personnelle, on utilise une langue qui préexiste à notre parole individuelle). La question de l’individualisme est donc essentielle à traiter (et à critiquer) pour re-conceptualiser l’idée du commun.
  3. Le livre auquel a contribué Onofrio Romano, Vocabulaire de la décroissance [4] exprime une idée intéressante sur le sens de la vie : « croire que l’on peut donner un sens à sa vie est une chimère, une illusion».

Présentation des méthodes d’intervention utilisées (et testées) durant ces Festives

Cf. texte de présentation et tribune [5] parue sur Reporterre le 13 juillet

Eclairage du thème de ces (F)Estives [6] par le retour d’expérience de Thibaut Ras

Parti en voyage pour réaliser un documentaire avec sa compagne Annina Luginbühl, Thibaut est allé filmer un écovillage de 140 personnes, à Sieben Linden [7] dans le Nord de l’Allemagne. Surpris, et un peu déçu, par l’organisation très stricte et réglementée de la vie de la communauté, il va comparer cette expérience à une autre qu’il fait 3 ans plus tard dans la Drôme, dans le cadre d’un projet d’oasis [8] sur un terrain de plusieurs hectares. Il remarque que dans cette seconde expérience le côté communautaire a complètement échoué : 8 personnes à l’origine s’étaient réunies pour lancer le projet mais elles ne sont plus que 2 aujourd’hui, celles du départ. C’est ce qui l’a amené à se demander à quel moment une communauté fonctionne ou non.

Dans le cas de l’écovillage allemand, les 15 personnes à l’origine du projet avaient mis 8 ans à s’organiser, et ce avant même d’acquérir un terrain. Ce commun, extrêmement solide du fait du temps passé à le faire émerger, a permis à tous les individus de se greffer au projet, jusqu’à former un groupe de 140 personnes. A l’inverse, l’oasis dans la Drôme s’est formée extrêmement rapidement, en l’espace de quelques mois, sans que l’on se préoccupe vraiment de s’accorder autour d’un noyau dur de valeurs, de revendications, de règles.

 

Pour Thibaut, ces deux expériences montrent l’importance :

  • de s’accorder autour de règles avant de développer un projet alternatif;
  • de définir un noyau commun de valeurs et de convictions que l’on partage;
  • de se donner le temps d’établir ce commun, qui est à la base de la réussite du projet.

BIBLIOGRAPHIE : Micropolitiques des groupes [9] : pour une écologie des pratiques collectives, David VERCAUTEREN, 2007.

Ce témoignage entre en forte résonnance avec le processus-décroissance [10] « vers une maison commune pour rendre visible la décroissance ».

Vendredi après-midi : « Anthropologie de la décroissance », avec Onofrio Romano. Méthode : Entretien attentif

EXPOSÉ DE LA PENSÉE CRITIQUE D’O. ROMANO

Onofrio Romano est professeur de sociologie à l’Université de Bari, il mène des études sur la modernisation et le processus de développement du Sud de l’Italie. Il a fait son doctorat en 1994 à Paris, sur l’Albanie, avec pour maître Serge Latouche. Sa position est critique vis-à-vis de la pensée décroissante mais il reste intéressé par les questions culturelles que cette dernière soulève. Il considère la décroissance non pas comme une récession délibérée ni comme une croissance négative mais bien comme une revendication de sortie de la religion de la croissance et donc d’une nouvelle forme d’organisation sociale.

Mais avant de comprendre comment doit être cette nouvelle organisation, il faut comprendre préalablement le régime de la décroissance, à savoir quelle est son « origine servile » ? (Georges Bataille [11]). L’origine servile de tout être-vivant renvoie à sa capacité de reproduction biologique, capacité qui n’a pas nécessairement de sens mais qui répond plutôt à un instinct commun.

Onofrio Romano

Pourquoi la naissance de la modernité est-elle marquée par cette origine servile ? Parce qu’elle ne naît pas d’un dessein conscient et rationnel (cf. Norbert Elias [12], David Riesman [13]), mais plutôt d’un état d’urgence pour la survie de l’espèce humaine, déterminé par une explosion démographique au XVIème siècle. Cette croissance démographique provoque une explosion de la totalité communautaire : les cadres traditionnels d’organisation sociale ne suffisent plus pour garantir la survie de la communauté en tant que communauté ; autrement dit, la question du sens de la vie cesse d’avoir une réponse commune (fournie par la communauté), et c’est à chacun d’en faire une affaire privée. Le tournant moderne renvoie donc au fait que chaque individu ne peut plus compter sur le confort existentiel d’une communauté : C’est à chaque individu de trouver seul les moyens de sa survie.

D’un côté, l’individu moderne porte donc en lui la source de détermination de sa propre conduite : il est un sujet auto-dirigé (« auto inner directed ») : qui ne peut compter que sur ses propres ressources, sans compter sur les autres.

D’un autre côté, les institutions n’ont ainsi plus pour finalité d’assurer une organisation idéale de la société, mais elles se contentent de garantir à chaque individu les moyens d’accès à la finalité qu’il s’est fixée. Elles exercent ainsi un pouvoir passif et neutre, en assurant la reproduction de la vie biologique. Elles sont comme des machines qui excluent la question du sens de la vie, reléguée dans l’espace privée. C’est un « tournant biopolitique » (Michel Foucault).

La séparation moderne entre le public et le privé, c’est donc la démarcation entre les moyens fournis par les institutions et les finalités qui sont à la charge de chacun ; c’est surtout la séparation entre la question des conditions de la survie et la question du sens de la vie.

Les Institutions modernes abandonnent la question du sens de la vie à la sphère privée, et se contentent de seulement fournir les capacités de la survie :

  • Dans les sociétés modernes, la sphère publique est donc marquée par une mentalité de pénurie. La fonction moderne des Institutions est seulement la « survivance » de chacun. Quel contraste avec les « pauvres » sociétés archaïques caractérisées par une mentalité d’abondance (Marshall Sahlins [15]) !
  • La croissance, dans ce cadre moderne, c’est ce qui permet de donner à chacun plus d’options pour réaliser sa finalité privée.

 Or la pratique des décroissants va-t-elle contraster avec ce type de régime ?

a) En quoi la question de l’insoutenabilité écologique rompt-elle avec l’imaginaire de la croissance ? (une critique de la source « physicaliste » de la décroissance)

Pour les décroissants, le régime croissanciste édicte la croissance comme fin en soi, « la croissance pour la croissance ». Il constitue une menace pour la survie de l’espèce, donc il faut passer à un régime de décroissance (inévitable pour éviter la catastrophe). Comment envisager une croissance illimitée alors que les ressources naturelles sont finies ?

Et voilà la difficulté : en restant ainsi dans la question de la limitation des ressources, la décroissance – qui se raconte qu’elle renverse le paradigme croissantiste – ne fait que maintenir le refoulement de la question du sens de la vie. Quand les individus sont livrés à eux-mêmes pour assurer leur survie, ils deviennent des sujets de besoin : si la décroissance ne propose pas une organisation sociale qui défende plus que la survie de l’espèce, elle se contente de fournir une vigueur nouvelle au principe de pénurie qui meut l’homme moderne. Elle reproduit donc l’état d’urgence pour la vie qui a généré l’épopée moderne.

Le projet politique avec la décroissance comme trajet repose certes sur des attitudes vertueuses (comparé au régime de la croissance) mais il a toujours pour finalité la vie (et pas le sens de la vie), c’est « la vie pour la vie ». On est toujours dans l’urgence face à la rareté des ressources, la question du sens de la vie reste refoulée. Le but reste le même, ce qui change c’est juste la stratégie.

La décroissance fournit alors une nouvelle vigueur au principe fondamental de l’économie classique – la rareté : elle ne fait donc qu’étendre à la société tout entière ce que le monde de la croissance avait imposé à chaque individu particulier.

b) En quoi la question de l’insoutenabilité sociale rompt-elle avec le monde de la croissance ? (une critique de l’apport de Serge Latouche, les 8 R [16])

Le « bien avoir » fait décroître le bien-être, il provoque un affaiblissement du lien social. Des études scientifiques ont montré que la croissance de produits internes au groupe provoque une baisse du bien-être (une fois dépassé un certain seuil [17]).

Le paradoxe de la décroissance réside dans le fait qu’on ne remet pas en cause le modèle occidental, car elle cherche de manière illimitée le « toujours mieux ». Serge Latouche a dit qu’il fallait aspirer à une meilleure qualité de vie plutôt qu’à une croissance du PIB, mais c’est une tautologie. Il faut toujours développer la modernité, mais en prenant en compte ses effets pervers, c’est une logique qui rentre dans la modernité réflexive. On dénonce la modernité mauvaise sur la base d’une modernité idéale. Quand on parle du bien-être on ne parle pas du sens de la vie, or croissance et décroissance n’ont pour finalité que le bien-être.

La décroissance est donc un « respirateur artificiel » qui maintient en vie un modèle épuisé de société.

c) Étude critique du vocabulaire (les 8 R de Serge Latouche [18])

Réduire, recycler, réutiliser :

Ces trois verbes renvoient à une mise en valeur accrue des produits pour garantir la reproductibilité des ressources renouvelables et empêcher la disparition des ressources non renouvelables. C’est un processus qui ne fait qu’augmenter la propension à l’auto-contrôle des individus (ce qui est la base du sujet moderne), et qui répond au régime utilitaire dans lesquels sont plongés tous les objets et les être-vivants contemporains. Plus rien n’est sacralisé aujourd’hui, on ne fait plus de sacrifice (= extraire un objet ou un être-vivant de son régime utilitaire).

L’objectif des pratiques de réduction n’est donc qu’un cheval de Troie permettant de maintenir la logique utilitaire de tous les éléments du vivant.

Réévaluer :

Le sujet hétéro-déterminé est celui qui a réussi à créer une machine productive qui fonctionne d’elle-même, il devient alors le sujet de la consommation (il passe de l’aliénation de la production à celle de la consommation). Il peut alors se libérer de la question matérielle, se relaxer, se tourner vers les autres et s’adonner aux plaisirs, à la contemplation, etc. Il se retrouve donc à promouvoir les mêmes valeurs que celles que défend la décroissance : l’altruisme, la coopération, la beauté, etc. Comment les décroissants peuvent-ils prétendre à un renversement s’ils reprennent les mêmes valeurs que celles du consommateur auto-satisfait ?

Relocaliser :

Traduit une tendance à la maîtrise de son propre espace et le retour d’un saint-simonisme (expression de l’utilitarisme) dans le fait de n’accorder la citoyenneté qu’à ceux qui participent à la production. C’est exiger des membres de la communauté un effort, un investissement pour s’auto-gérer.

Cf. L’ « utopie politique locale » de Serge Latouche : c’est une forme de démocratie radicale où la communauté délibère sur son fonctionnement mais qui nécessite tout un entrelacement de blindages pour éviter qu’elle ne périclite. Or, il est illusoire d’imaginer pouvoir contenir une autonomie dans des limites géographiques. De plus, la communauté décrite par Latouche doit faire moins de 30 000 habitants : qui a le pouvoir de sanctionner les dépassements ? Cette organisation serait-elle vraiment démocratique?

Max Weber [19] fait une description de la ville occidentale qui nous intéresse : la ville est le noyau dur de l’espace moderne, c’est elle qui provoque la modernité en rompant avec le pouvoir impérial au XVIème siècle. Les communautés citadines se dotent de leur autonomie et mettent en place leur propre mode de gestion, elles fondent des institutions garantes de l’auto-suffisance des villes. Or c’est justement ce processus de singularisation géographique qui crée le problème de l’état d’urgence pour la survie puisque les villes ne sont plus rattachées à des processus de gestion et de production « nationaux » et qu’elles doivent trouver seules le moyen de leur propre survie.

→ Donc le processus de relocalisation voulu par la décroissance est un processus identique à celui qui a donné naissance à la ville moderne.

De plus, on imagine (naïvement) que quand une communauté devient autonome et qu’elle érige son programme politique, elle va aboutir naturellement à une définition de valeurs communes vertueuses. « Si on laisse la communauté agir en autonomie, elle va choisir naturellement le Bien », cela consiste à faire du providentialisme. La pensée décroissante se nourrit de la conviction que le mal découle nécessairement du pouvoir et des institutions.

Alors que le localisme jusqu’ici n’a pas produit beaucoup de bien (cf. Accueil des réfugiés dans les villes françaises).

Conclusion provisoire : si la décroissance envisage l’horizontalisme comme forme de l’alternative elle se trompe.

L’horizontalisme est cette forme moderne d’organisation sociale dans laquelle, à cause de la neutralité morale des Institutions qui ne privilégient aucune forme particulière de vie, toutes les formes de vie s’équivalent : la vie de l’un vaudra bien la vie d’un autre, voilà le principe moderne de l’individualisme. Le « levier » de cet horizontalisme est la marchandisation généralisée de tous les facteurs de production (la nature, l’activité et la monnaie).

Or c’est justement cette forme d’organisation qui a produit les effets pervers du système de la croissance, en laissant agir les singularités.

Il faut repenser la verticalité comme une structure organisationnelle alternative qui contredirait l’approche horizontale du capitalisme.

TRAVAIL DE GROUPE :

Groupes Ce qui nous a enthousiasmé Ce qui nous a chagriné
 

Groupe 1

 

La vision anti-utilitariste que porte Onofrio apporte un nouvel éclairage sur les décroissants. Comment décoloniser réellement notre imaginaire ?

 

 

 

La valorisation de la verticalité pourrait être un « écofascisme » (sic)

Groupe 2 Les pistes ouvertes par l’intervention L’appel à abandonner notre individualisme (c’est très difficile)
Groupe 3 L’intervention conforte notre point de vue du « quand bien même » Comment s’accorder de manière non autoritaire sur un sens de la vie commune ?
Groupe 4 L’idée qu’on promeut la croissance et la décroissance pour la survie de l’espèce humaine Pas assez de cas concrets lors de l’intervention, discours un peu trop abstrait.

REPRISE (réponses d’Onofrio Romano livrées le samedi après-midi après réflexion):

Sur la verticalité → Karl Polanyi, La Grande Transformation [20] (1944).

La société libérale est basée sur un développement aveugle, on marchandise les 3 grands facteurs de production (à savoir : le travail, la monnaie et la terre).

La société n’est plus souveraine dès lors que ces 3 facteurs ne sont plus gérés au niveau communautaire.

Développement horizontal : la gestion des facteurs de production est confiée aux individus, cela provoque une explosion de la société et des bouleversements écologiques (si la terre est confiée à la libre contraction des individus privés, on détruit la nature).

Une société verticale est une société qui reprend en main la gestion des 3 facteurs de production essentiels. Quand les institutions publiques reprennent en main le contrôle de ces facteurs, c’est ce que Karl Polanyi appelle « la grande transformation ». La société doit mettre en place un système d’autodéfense pour résister à cette marchandisation des facteurs de production (c’est le cas par exemple dans les sociétés agricoles).

Années 1970-1980 : re-marchandisation des facteurs de productions conduisant à un régime horizontaliste.

BIBLIOGRAPHIE : La Grande Transformation, Karl POLANYI, 1944.

Samedi matin : « Que décroître c’est apprendre à mourir », avec Christina Brulavoine. Méthode : entretien attentif.

a) L’escamotage des rites mortuaires

Beaucoup de rituels funéraires, comme les veillées, ne se font plus aujourd’hui, alors qu’ils permettent d’appréhender la mort et de faire le deuil. Les rituels font que la tristesse est portée par le groupe familial dans son entier, ils instaurent une proximité avec le mourant qui rend la mort plus courante, plus quotidienne. C’était d’autant plus le cas quand les mourants restaient à la maison.

Or, dans les années 1950-1960, le mourant est transféré de la maison à l’hôpital, on sort la mort de la vie courante. L’accompagnement du mourant n’est plus familial mais médical. Cet éloignement provoque une distanciation des familles, la « familiarité » de la mort disparaît.

Les hôpitaux n’assurent pas un accompagnement moral aux mourants, mais seulement un accompagnement médical, donc finalement les patients meurent seuls. Dans les années 1980, on dénonce l’acharnement thérapeutique et la solitude des mourants : les unités de soins palliatifs sont créées.

De plus, le rythme de vie que nous impose notre société tend à raccourcir le temps du deuil. Si on est en deuil, on est parfois considéré comme malade et on va nous prescrire des anti-dépresseurs. On ne prend plus le temps d’accepter la mort.

b) La croissance : fabrique accélérée du déni de la mort ?

L’individualisme dans notre mode de vie fait que l’homme occidental est prêt à tout pour ne pas disparaître. C’est par peur du néant qu’il vit dans le consumérisme et l’accumulation matérielle. Le transhumanisme et le clonage découlent directement de cette peur originelle de la mort (qu’avant les rites et la solidarité familiale savaient endiguer, mais qui aujourd’hui a toute emprise sur nous puisqu’on a anéanti ce qui nous permettait de l’appréhender).

Pour autant, on n’a jamais vu autant d’images de mort à la télé, dans les films, les livres, etc. Cette profusion d’images mortuaires provoque en nous une sorte d’immobilisme, on est blasés par la mort.

Exemples : La montée des séries policières témoigne d’un sentiment d’excitation des spectateurs face à la mort virtuelle. Idem dans la fascination que l’on a pour les films de zombies ou de vampires.

→ Est-ce par refus du réel ? À cause d’une perte de sens, qui serait due à l’attachement matériel et au manque de spiritualité dans notre société qui rationalise tout ?

Samedi après-midi : « La vie comme structure dissipative », avec Adrien Couzinier. Méthode : Entretien attentif.

Cours de thermodynamique : les 3 lois de l’énergie.

  1. a) Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

→ Tout n’est que changement perpétuel.

→ L’innovation est impossible (ce qui pose problème aux religions parce que les lois physiques contredisent la Création).

  1. b) Les transformations sont IRREVERSIBLES.

→ C’est ce qui crée le temps.

→ Avant la transformation on ne sait pas dans quel état on va aboutir, mais par contre après on reçoit l’information qu’on a changé donc on ne peut plus revenir en arrière.

  1. c) Maximisation de la dépense énergétique.

→ Tout dans l’univers cherche à dissiper le maximum d’énergie DONC il est impossible de décroître.

→ Objection sur le vivant (mais cela crée encore beaucoup de débats) car le vivant serait arrivé à un stade d’homéostasie (il se régule dans sa consommation d’énergie).

Définition de l’énergie : ce qui permet d’agir, ce qui permet le changement. L’univers existe parce qu’une source énergétique l’a créé. Plus on a d’énergie, plus on agit. Et tout élément dans l’univers cherche à augmenter son pouvoir d’action (sauf le vivant).

=> Donc la croissance – de ce point de vue énergétique – est un processus extrêmement naturel ! La décroissance, de ce point de vue, consiste donc à se frotter à ce processus naturel.

Définition d’une structure dissipative : quand il y a un flux énergétique, il y a des structures qui s’auto-organisent pour le dissiper. Ex : l’atmosphère dissipe l’énergie solaire sur la planète. Les ouragans et la galaxie ont la même forme car elles sont toutes les deux des structures très dissipatives. Le vivant aussi s’est créé pour dissiper de l’énergie.

À masse équivalente, l’être-humain non occidental dissipe 100 000 fois plus d’énergie que le soleil, l’homme occidental 1 million de fois plus. Le cerveau est la structure dissipative optimale dans l’évolution de l’univers.

Comment le cerveau peut-il dissiper de l’énergie ? En accumulant des connaissances il produit et consomme beaucoup d’énergie. D’ailleurs, à l’âge de 6/7 ans, la croissance du corps s’interrompt pour laisser la croissance du cerveau se faire, ce qui montre qu’il y a besoin de beaucoup d’énergie. Dès lors que la croissance du cerveau est terminée, la croissance du corps reprend.

La différence entre le vivant et le non-vivant c’est que le vivant a la capacité de transmettre l’information pour dissiper toujours plus d’énergie, grâce aux gènes.

Rq : La conscience est le fait de porter en soi des informations sur soi-même (donc tout être-vivant a une conscience).

Dans l’évolution, l’être-humain va commencer à manger des céréales alors qu’à l’origine il n’avait pas l’appareil digestif adéquat. Ce changement ne provient pas d’une évolution génétique mais d’une évolution culturelle : on a modifié notre comportement.

La culture, comme les gènes, permet donc de transmettre les informations permettant de passer d’un état à un autre. C’est une nouvelle manière de perpétuer la vie.

La société est donc aussi importante que le gène, c’est une structure dissipative. L’individu seul ne sert à rien, c’est la transmission de l’information qui compte.

Courir pour rester sur place

L’effet de la reine rouge (cf. Alice aux pays des merveilles, Lewis Caroll) : courir pour faire du sur place.

On agit dans l’environnement → provoque un changement dans l’environnement → donc il faut consommer de l’énergie pour s’adapter à ce changement → mais du coup on modifie encore notre environnement, etc. L’homme et son environnement sont en réadaptation perpétuelle.

La société modifie son environnement donc il faut toujours qu’elle s’adapte.

Le cycle naturel de tout élément dans l’univers est donc : croissance → changement de comportement → effondrement et ainsi de suite.

Plus les changements de comportement sont fréquents, moins l’effondrement a d’amplitude. Il faut donc limiter nos amplitudes de croissance pour avoir un effondrement agréable. C’est essentiellement dans la consommation d’énergie qu’il faut se limiter, car c’est le manque de ressources énergétiques qui provoque l’effondrement, et car notre niveau de consommation est tel qu’il pulvérise l’environnement.

Dimanche matin : les propositions concrètes qui ont émergé des différents ateliers

a) La vie comme valeur d’usage – Atelier 1

→ Demander à chaque atelier de produire une affiche synthétique résumant les points abordés (?)

→ Constituer une bibliographie décroissante permettant de tirer des arguments et d’alimenter notre discours – créer une bibliothèque commune.

A ajouter :

  • Le Papalagui, Eric SCHEURMANN, 1920.
  • Textes sur les jardins des Fraternités Ouvrières.

b) Décroître c’est apprendre à mourir – Atelier 2

Etre décroissant.e, c’est apprendre à mourir. Nous sommes d’accord sur le fait que cela passe par l’acceptation. OK, mais, comment faire ? Qu’est-ce qui nous en a éloignés ?

Apprendre à mourir passe par la re-familiarisation de notre société avec la mort de nos proches, et donc, avec la perspective de notre propre mort. Voici donc les propositions concrètes qui ont émergé de cet atelier :

  • Reprendre au corps médical et aux institutions le pouvoir qu’ils ont pris sur nos vies, sur notre fin de vie et celle de nos proches : demander organiser le retour de la fin de vie à la maison.
  • Retrouver la maitrise de nos corps en demandant d’arrêter, le cas échéant, les acharnements thérapeutiques :
    • Ne pas maintenir les gens en vie coûte que coûte,
    • Privilégier ainsi une vie qualitative à une vie quantitative.
  • Remettre le respect et la dignité du mourant au cœur de nos sociétés dites modernes, en arrêtant de les considérer comme des numéros de sécurité sociale, comme des paquets de viandes, … comme des parties à soigner : se faire de nouveau considérer dans notre globalité, comme des êtres entiers.
  • Abolition des maisons de retraite.
  • Recréer du collectif autour de la mort, des ponts intergénérationnels, pour renouer des liens et permettre l’émergence de nouveaux rituels collectifs d’accompagnement à la mort, et ainsi, la remettre au cœur de nos vies.
  • Déposséder les « marchands de mort » du juteux business de nos enterrements, en demandant à retrouver la liberté de choix du défunt et ainsi, pouvoir respecter ses dernières volontés : ex. humisation en Belgique.
  • En tant que décroissant, se positionner clairement sur le refus du mirage d’une vie physique infinie : refus du transhumanisme, du clonage, etc.
  • Repenser l’organisation sociale pour se redonner du temps à l’occasion du décès de l’un de nos proches : l’éloignement, l’éclatement du noyau familial, la proximité virtuelle des relations, font qu’il est nécessaire de se redonner un temps collectif, indispensable au processus de deuil : s’extraire du temps de travail, le cas échéant ; et pourquoi pas (re)faire la fête à l’occasion d’un décès (postulat d’une construction culturelle).
  • Plutôt que « la vie pour la vie », implicitement prôné par les décroissants (se calquant sur la croissance pour la croissance, d’après Onofrio Romano), « accepter la mort pour la vie ».
  • Analyse citation de Montaigne « Philosopher, c’est apprendre à mourir » : Apprendre à mourir est la 1ère étape. Une fois intégrée cette vérité, l’homme peut redevenir joyeux et libre.
  • Redonner du sens à nos vies, et ainsi remplir un vide spirituel, ce qui nous permettrait de nous détacher de la matérialité, de notre propre matérialité.

Sur la sociologie de la mort :

  • Louis-Vincent Thomas
  • Histoire de la mort en Occident, Philippe ARIES, 1975.

c) Arpentage d’un texte de Jean-Claude Michéa – Atelier 3

→ En quoi la perspective ouverte par Onofrio Romano peut-elle tout à fait se prolonger dans une lecture du texte proposé par J-C Michéa ?

  • Rappel : L’horizontalisme pour Onofrio Romano est cette forme moderne d’organisation sociale dans laquelle, à cause de la neutralité morale des Institutions qui ne privilégient aucune forme particulière de vie, toutes les formes de vie s’équivalent : la vie de l’un vaudra bien la vie d’un autre, voilà le principe moderne de l’individualisme.
  • Pour J-C Michéa l’objectif de la modernité (après les guerres de religion, comment vivre ensemble dans la paix ?) n’est accessible qu’à deux conditions : 1/ il faut rompre avec le postulat antique de la sociabilité naturelle (Aristote) et le remplacer par celui d’une « insociable sociabilité » (E. Kant) ; 2/ l’impératif d’une neutralité axiologique des institutions (la religion doit se contenter d’être l’affaire de chacun, en son for intérieur) ne peut se réaliser qu’au travers de ces deux « processus sans sujet » que sont le Marché et le Droit.
  • L’articulation de ces deux conditions aboutit alors à une organisation sociale fondée sur la liberté (le libéralisme).
    • Sauf que la liberté dans cette modernité n’est pas tant une valeur qu’une « méta-valeur » : C’est donc précisément parce que, dans une société libérale, il existe une valeur théoriquement partagée par tous,- la « liberté » – que cette société ne peut en partager aucune autre… Si parler de vie commune n’a de sens que là où il existe des valeurs et des pratiques morales et culturelles partagées, il faut donc en conclure qu’une politique libérale exclut par définition toute prise en compte théorique de cette sphère anthropologique particulière. »
    • C’est alors à la liberté ainsi définie qu’il revient d’être aussi le principe de limitation : mais quand seule une liberté peut limiter une autre liberté, alors c’est la guerre de chacun contre chacun.

→ Toute l’enjeu politique qui concerne directement la décroissance est alors de retrouver un principe de limitation qui ne repose ni sur une neutralité axiologique ni sur un paternalisme (descendant) des valeurs (le dilemme est parfaitement posé dans La double pensée, page 25) :

  • C’est là tout l’enjeu d’une recherche chez Onofrio Romano d’une certaine verticalité (suffit-il de démarchandiser la nature, la monnaie et l’activité pour échapper au « monde de l’équivalence généralisée » (= la marchandisation généralisée) ?
  • C’est là tout l’enjeu pour J-C Michéa d’un appel à la « décence commune » :  Si nous ne voulons pas que ce soit la rivalité des libertés qui imposent des limites à la liberté, comment limiter alors les libertés pour les rendre compatibles avec une vie commune, à la fois (socialement) décente et (écologiquement) soutenable ? Comment articuler « le meilleur dans la tradition socialiste » avec le cadre de l’espace écologique (plancher/plafond) pour partager ce « nouveau langage philosophique et politique » pour dire ensemble un Commun dans lequel les libertés seraient « remises à leur place » ? Penser et permettre les libertés dans les limites (et non pas comme af-franchissement des limites).

Pour les décroissants, ces interrogations doivent s’inscrire dans les limites de la soutenabilité écologique : comment articuler alors à la fois une tradition socialiste de la décence commune avec l’apport de l’espace écologique (plancher/plafond) ?

d) Revenu inconditionnel et revenu maximum – Atelier 4

Pourquoi pouvons-nous juger que des revenus atteignent des montants indécents ? Parce que chacun peut bien comprendre qu’au-delà d’un certain plafond, il n’est pas possible que ce soit un seul individu qui soit individuellement à la seule source de la richesse (il n’en a tout simplement pas le temps !) : autrement dit, si la source de la richesse n’est pas individuelle, c’est qu’elle est commune. Et par conséquent, si un individu reçoit un revenu indécent, c’est la part commune qu’il est en train de s’approprier (de privatiser) injustement. C’est donc la société dans son entier qui produit la valeur économique → donc il est normal que tout membre d’une société obtienne une part de cette valeur produite (c’est pourquoi le revenu inconditionnel est versé… inconditionnellement). Si on permet à des gens d’être « hors du commun » (ceux qui sont au-dessus du plafond ou en-dessous du plancher), on ne fait plus société.

Le revenu inconditionnel n’a donc pas pour but de créer ou d’inventer la société mais de la protéger, de la conserver, de la chérir.

Aujourd’hui les logiques anti-sociales de compétition et d’individuation parasitent les logiques de coopération : c’est parce qu’il y a encore de la coopération à la base de la société que d’autres logiques sont possibles ; mais ces autres logiques sapent la logique de coopération. Le revenu inconditionnel doit être mis en œuvre pour que les individus protègent la société (et pas pour que la société protège les individus).

Bibliographie :

  • Le culte de la performance, Alain EHRENBERG, 1991.
  • L’individu incertain, Alain EHRENBERG, 1995.
  • La société de fatigue, Byung-Chul HAN, 2014.

e) Psychologie d’un.e décroissant.e – Atelier 5

Nous sommes très dépendants du passé, nous devons penser un avenir à travers des modèles anciens ancrés en nous qui constituent des obstacles. Plusieurs ateliers de réflexion :

→ Comment s’approprier ces automatismes neuronaux et les déconstruire ?

Proposition : il faut penser une organisation sociale qui dégage du temps pour apprendre ces automatismes neuronaux.

→ Comment construire de nouvelles narrations et déconstruire les mythes ?

→ Compétition comme moteur de l’évolution : il faut rendre compétitive la coopération et la décroissance, écrire une mythologie décroissante suffisamment compétitive pour supplanter l’individualisme.

→ Exploration de valeurs moyenâgeuses comme « agir sans vergogne ».

→ Comment on attire les gens qui ne sont pas sensibles à la décroissance, qui en sont très éloignés ?

Proposition : Il faut compenser les sacrifices que feraient les individus pour entrer en décroissance, par le biais de services que l’on rendrait aux gens (notés selon leur empreinte écologique par le biais d’un profil internet : celui qui est le mieux noté profitera de plus de services que les autres).

Rq : Cette dernière proposition ne fait pas consensus dans le groupe de travail et a été énoncé à titre individuel.

f) La vie comme structure dissipative – Atelier 6

Pour éviter un grand effondrement il faut faire des petits effondrements par palier. Il faut une croissance modérée pour un effondrement surmontable → il faut rester dans un espace écologique défini par un plancher/plafond. La consommation illimitée de ressources énergétiques provoque l’individualisme, donc pour faire du commun il faut redécouvrir le sens de la pauvreté, à condition de bien la définir (comme manque du superflu) en l’encadrant entre la misère (manque du nécessaire) et la richesse.

Thème à traiter : L’ELOGE DE LA PAUVRETE.

BIBLIOGRAPHIE :

  • Donnant donnant : une théorie du comportement coopératif, Robert AXELROD, 1984.
  • Comment réussir dans un monde d’égoïstes : Théorie du comportement coopératif, Robert AXELROD, 1996.

g) Démographie – Atelier 7

→ Arrêter la propagande nataliste française : supprimer les allocations familiales ?

h) Grand échange sur l’énergie solaire entre Onofrio Romano et Adrien Couzinier

On est tous des capitalistes, on participe/entretient tous le système. Il n’y a pas juste quelques méchants complotistes mondiaux qui détruisent la planète, on est tous impliqués.

Sur les impasses du solaire :

  • Le soleil en face, film français réalisé par Pierre Kast (1980). Le titre fait écho à une sentence attribuée à Héraclite : « Ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face ». On la retrouve également parmi les Maximes de La Rochefoucauld : « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. » (maxime 26).

i) Débats mouvants

Deux débats mouvants ont été organisés, l’un sur la consommation de viande, l’autre sur la différence entre l’homme et l’animal.

  • Ces débats n’ont pas pour but de définir une position commune mais de faire ressortir les dissensus et les lignes de débats.
  • C’est pourquoi leur forme orale, qui peut tourner à la joute orale, les rend particulièrement vivants (cela peut avoir un côté « battle »).
  • La difficulté c’est de s’appuyer sur des lignes de démarcation qui soient en même temps clivantes mais franchissables.

Débat 1 : Différences entre l’homme et l’animal (de degré ou de nature ?)

  • Homo sapiens est-il une espèce comme les autres ?
  • L’homme a-t-il une responsabilité (morale-politique) vis-à-vis des autres espèces vivantes ?

Débat 2 : La consommation de viande

  • La souffrance animale est-elle admissible ?
  • Pour être en bonne santé, peut-on se passer d’une alimentation carnée ?

Références

[1] https://reporterre.net/Pour-changer-la-societe-changeons-la-facon-de-debattre

[2] http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/

[3] http://www.les-oc.info/2014/09/festives-cerbere-cr-global/

[4] http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/hors-collection/decroissance-vocabulaire-pour-une-nouvelle-ere.html

[5] https://reporterre.net/Pour-changer-la-societe-changeons-la-facon-de-debattre

[6] http://www.cnrtl.fr/definition/estive

[7] http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1759

[8] http://www.oasisdeserendip.net/

[9] http://www.lesprairiesordinaires.com/micropolitique-des-groupes.html

[10] http://processus-decroissance.xyz/2016/12/08/declaration-commune/

[11] http://decroissances.blog.lemonde.fr/2017/08/12/jai-relu-la-part-maudite-de-georges-bataille/

[12] http://www.revue-interrogations.org/La-civilisation-des-moeurs-selon

[13] http://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1967_num_17_2_418491_t1_0349_0000_002

[15] http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Age-de-pierre-age-d-abondance

[16] http://www.fayard.fr/le-pari-de-la-decroissance-9782213629148

[17] Cf. diapositive N°5 dans le document www.ac-nice.fr/wmaster/ses/wp-content/uploads/sites/6/…/SES-FTA-2015-2016.pptx

[18] http://decroissances.blog.lemonde.fr/2010/07/31/les-re-de-la-decroissance/

[19] http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_ville-9782707178046.html

[20] http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tel/La-Grande-Transformation

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2 commentaires sur “CR des (f)estives 2107 de la décroissance”

  1. Ouah ! Il y a de la lecture !
    Mais je reste un peu sur ma faim quant à la méthode dite d’ « entretien attentif ». Ne serait-il pas possible de le préciser pour les ignares dont je suis ?
    L’impression que me donne ce compte-rendu : beaucoup de matière à réflexion et à débats qui parait rendre trop court le temps disponible pour les échanges. Faut-il les prolonger par des rencontres régionales d’approfondissement ? Faut-il faire un ou deux jours de plus ? Faut-il envoyer avant les festives un dossier de préparation qui mette tous les participants un peu au diapason et avec une curiosité déjà en éveil ? Peut-on – doit-on ?- avoir l’ambition de conclusions plus concrètes d’actions à la suite des réflexions collectives ? Pourrait-on y définir un agenda des manifestations, actions, lieux de réflexion importants qui permettent d’apporter du grain à moudre à la rencontre annuelle suivante ? Comment rendre chacun de nous plus « acteur » de la démarche alors que, pour ma part, j’ai l’impression d’être plus consommateur ou « candide » ? Mais merci, grand merci, à celles et ceux qui ont travaillé à ces comptes-rendus pour nous.

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