Processus-décroissance http://processus-decroissance.xyz vers une maison commune pour rendre visible la décroissance Tue, 05 Sep 2017 17:13:59 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.2 http://processus-decroissance.xyz/wp-content/uploads/2016/12/cropped-escargot_planète-32x32.jpg Processus-décroissance http://processus-decroissance.xyz 32 32 Covoiturage pour l’AG constitutive des 11-12 novembre 2017 http://processus-decroissance.xyz/2017/09/04/covoiturage/ http://processus-decroissance.xyz/2017/09/04/covoiturage/#respond Mon, 04 Sep 2017 15:10:43 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=384 Voici la liste des inscrits qui mettent à disposition des places de covoiturage. C’est donc à chacun de s’auto-gérer pour trouver un co-voitureur et s’arranger avec lui.

Prénom
Nom
Départ de
Adresse courriel
Téléphone
Nombre de places
message
Michel
Lepesant
Romans sur Isère, dans la Drôme
decroissances@orange.fr
04 75 70 52 71
1
Enfin, la Maison commune !
Thierry
Brulavoine
Béganne (56)
brulavoinethierry@orange.fr
0299937718
3 ou 4
jean-yves
Renouf
Fontenay le Comte 85200
jean-yves.renouf@orange.fr
0251521415
3 places
Retour à la page des informations pratiques et de l’inscription
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Processus : étape (n°9) de l’AG constitutive http://processus-decroissance.xyz/2017/09/02/processus-etape-n9-ag-constitutive/ http://processus-decroissance.xyz/2017/09/02/processus-etape-n9-ag-constitutive/#respond Sat, 02 Sep 2017 04:45:18 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=504 Nous sommes heureux de vous annoncer que la 9ème étape du Processus pour rendre visible politiquement la décroissance, par la construction d’une Maison commune, aura lieu le week-end du 11 et 12 novembre 2017 : étape finale, celle de l’assemblée générale constitutive de la Maison commune.

Nous serons à Limoise, au coeur du Bourbonnais.

  • MFR de Limoise – Le Lieu Jay – 03320 Limoise
  • C’est ici.

Il est capital d’être au fait des divers compte-rendus pour faire de ce temps de rencontre un moment très constructif pour notre mouvement politique. http://processus-decroissance.xyz/histoire-du-processus-pour-une-maison-commune-de-la-decroissance/

Voici l’ordre du jour de l’AG constitutive tel qu’il est aujourd’hui proposé :

  • Validation de la Charte de la Maison Commune
  • Validation des statuts de la Maison Commune
  • Validation d’éléments du règlement intérieur de la Maison Commune
  • Tous ces textes auront été préparés en amont de l’AG par la « Coopérative du processus » renouvelée lors de la dernière rencontre : les discussions se feront à partir des amendements proposés et seront, si besoin est, tranchées par des votes.

→ IMPORTANT : conditions organisationnelles

  • Il sera possible d’arriver dès le vendredi 10 à partir de 18h00.
  • Les frais de logement et de repas devraient tourner autour d’une trentaine d’euros par personne, tout compris.
  • Pour faciliter notre organisation, ce serait bien de s’inscrire au plus tard le dimanche 5 novembre.
  • Si vous voulez des renseignements plus précis sur l’organisation, prenez contact auprès de Jean-Yves Renouf jean-yves.renouf@orange.fr 02 51 52 14 15  ou http://processus-decroissance.xyz/contacts/.
  • Pour le covoiturage : il y a un tableau qui récapitule les propositions de covoiturage → http://processus-decroissance.xyz/2017/09/04/covoiturage/
  • Pour la nourriture : nous cuisinerons sur place
[contact-form-7]

Au plaisir de vous voir à Limoise.

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Thierry filmé par Sofian, en campagne http://processus-decroissance.xyz/2017/08/24/thierry-sofian/ http://processus-decroissance.xyz/2017/08/24/thierry-sofian/#respond Thu, 24 Aug 2017 15:53:07 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=541

Thierry en Marche from Sofian Achabe on Vimeo.

En campagne… from Sofian Achabe on Vimeo.

Thierry sur les routes from Sofian Achabe on Vimeo.

Thierry l’escargot from Sofian Achabe on Vimeo.

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CR des (f)estives 2107 de la décroissance http://processus-decroissance.xyz/2017/08/21/cr-des-festives-2107-de-la-decroissance/ http://processus-decroissance.xyz/2017/08/21/cr-des-festives-2107-de-la-decroissance/#comments Mon, 21 Aug 2017 07:20:27 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=514 Le sens de la vie est une question politique

Pour une critique radicale de l’individualisme

 Du vendredi 14 juillet au dimanche 16 juillet 2017. A Saligny-sur-Roudon (03)

 Nous pouvons affirmer que le bilan est très positif : de la bienveillance et aussi des dissensus (tant mieux), des repas délicieux, beaucoup de temps accordé aux discussions informelles.

Mais, en organisant ces (f)estives nous avions 2 objectifs, 1 de méthode [1] et 1 de contenu :

  1. Rompre avec le spectacle de la juxtaposition des intervenants, en attendant le soi-disant échange avec la salle : nous avons exploré des pistes et le bilan nous encourage à poursuivre dans cette voie pour la prochaine édition.
  2. Le contenu était ambitieux → articuler une question existentielle profonde (celle du sens de la vie) et une critique politique radicale (celle de l’individualisme) : l’apport d’Onofrio Romano, fortement basé sur une lecture anthropologique de George Bataille, sera, nous l’espérons, un moment décisif dans l’histoire de la pensée de la décroissance en France : la décroissance ne doit pas proposer la pénurie pour chacun.e.s mais proposer (politiquement) une organisation sociale telle que la question du « sens de la vie » (re-)trouve une réponse commune, celle de la « dépense » par la fête (à ne pas confondre avec le spectacle), par des moments communautaires qui permettent d’entretenir le lien social, de conserver des solidarités, de protéger la vie commune. Car aujourd’hui, si la marchandisation généralisée de la vie peut paradoxalement étendre son emprise, c’est bien parce qu’il existe encore, à la base, une vie sociale fondée sur les valeurs que les décroissant.e.s défendent : la convivialité, la mesure, la décence. Cette vie sociale existe encore, mais combien de temps…

Nous voilà retournés dans nos territoires de vie, quelle belle occasion de diffuser là où nous habitons, ce beau moment d’intelligence collective qu’ont été ces (F)Estives.

Vendredi matin : Introduction aux (F)Estives et présentation des méthodes

Rappel des événements à venir

Du 2 au 4 novembre : Forum Social Mondial Anti-nucléaire [2], place de la République à Paris

Trois origines à ce thème des (F)Estives

  1. Lors des (f)Estives à Cerbère [3] en 2014, l’invité d’honneur était Serge Latouche. Chaque intervenant n’avait que 20 minutes pour développer son propos, et beaucoup de prises de parole qui ont suivi ont paru inadaptées. C’est pourquoi il a été choisi cette année de développer des méthodes de discussion alternatives, qui n’aient pas pour objectif de « flatter les nombrils des uns et des autres » (sic) mais qui laissent aux intervenants le temps d’exposer leurs idées (et le temps au public de les digérer pour en sortir des réflexions pertinentes et fructueuses).
  2. L’engagement des décroissant.e.s dans le processus a aussi fait naître des interrogations sur la construction d’un Commun : comment est-ce qu’on fait du Commun ? Il est apparu qu’on ne fait pas du commun avec des individus, que le commun n’est pas l’addition de nombrils juxtaposés (comme le défend le capitalisme). Au contraire, le commun nous préexiste (on ne parle pas à quelqu’un avec SA propre langue personnelle, on utilise une langue qui préexiste à notre parole individuelle). La question de l’individualisme est donc essentielle à traiter (et à critiquer) pour re-conceptualiser l’idée du commun.
  3. Le livre auquel a contribué Onofrio Romano, Vocabulaire de la décroissance [4] exprime une idée intéressante sur le sens de la vie : « croire que l’on peut donner un sens à sa vie est une chimère, une illusion».

Présentation des méthodes d’intervention utilisées (et testées) durant ces Festives

Cf. texte de présentation et tribune [5] parue sur Reporterre le 13 juillet

Eclairage du thème de ces (F)Estives [6] par le retour d’expérience de Thibaut Ras

Parti en voyage pour réaliser un documentaire avec sa compagne Annina Luginbühl, Thibaut est allé filmer un écovillage de 140 personnes, à Sieben Linden [7] dans le Nord de l’Allemagne. Surpris, et un peu déçu, par l’organisation très stricte et réglementée de la vie de la communauté, il va comparer cette expérience à une autre qu’il fait 3 ans plus tard dans la Drôme, dans le cadre d’un projet d’oasis [8] sur un terrain de plusieurs hectares. Il remarque que dans cette seconde expérience le côté communautaire a complètement échoué : 8 personnes à l’origine s’étaient réunies pour lancer le projet mais elles ne sont plus que 2 aujourd’hui, celles du départ. C’est ce qui l’a amené à se demander à quel moment une communauté fonctionne ou non.

Dans le cas de l’écovillage allemand, les 15 personnes à l’origine du projet avaient mis 8 ans à s’organiser, et ce avant même d’acquérir un terrain. Ce commun, extrêmement solide du fait du temps passé à le faire émerger, a permis à tous les individus de se greffer au projet, jusqu’à former un groupe de 140 personnes. A l’inverse, l’oasis dans la Drôme s’est formée extrêmement rapidement, en l’espace de quelques mois, sans que l’on se préoccupe vraiment de s’accorder autour d’un noyau dur de valeurs, de revendications, de règles.

 

Pour Thibaut, ces deux expériences montrent l’importance :

  • de s’accorder autour de règles avant de développer un projet alternatif;
  • de définir un noyau commun de valeurs et de convictions que l’on partage;
  • de se donner le temps d’établir ce commun, qui est à la base de la réussite du projet.

BIBLIOGRAPHIE : Micropolitiques des groupes [9] : pour une écologie des pratiques collectives, David VERCAUTEREN, 2007.

Ce témoignage entre en forte résonnance avec le processus-décroissance [10] « vers une maison commune pour rendre visible la décroissance ».

Vendredi après-midi : « Anthropologie de la décroissance », avec Onofrio Romano. Méthode : Entretien attentif

EXPOSÉ DE LA PENSÉE CRITIQUE D’O. ROMANO

Onofrio Romano est professeur de sociologie à l’Université de Bari, il mène des études sur la modernisation et le processus de développement du Sud de l’Italie. Il a fait son doctorat en 1994 à Paris, sur l’Albanie, avec pour maître Serge Latouche. Sa position est critique vis-à-vis de la pensée décroissante mais il reste intéressé par les questions culturelles que cette dernière soulève. Il considère la décroissance non pas comme une récession délibérée ni comme une croissance négative mais bien comme une revendication de sortie de la religion de la croissance et donc d’une nouvelle forme d’organisation sociale.

Mais avant de comprendre comment doit être cette nouvelle organisation, il faut comprendre préalablement le régime de la décroissance, à savoir quelle est son « origine servile » ? (Georges Bataille [11]). L’origine servile de tout être-vivant renvoie à sa capacité de reproduction biologique, capacité qui n’a pas nécessairement de sens mais qui répond plutôt à un instinct commun.

Onofrio Romano

Pourquoi la naissance de la modernité est-elle marquée par cette origine servile ? Parce qu’elle ne naît pas d’un dessein conscient et rationnel (cf. Norbert Elias [12], David Riesman [13]), mais plutôt d’un état d’urgence pour la survie de l’espèce humaine, déterminé par une explosion démographique au XVIème siècle. Cette croissance démographique provoque une explosion de la totalité communautaire : les cadres traditionnels d’organisation sociale ne suffisent plus pour garantir la survie de la communauté en tant que communauté ; autrement dit, la question du sens de la vie cesse d’avoir une réponse commune (fournie par la communauté), et c’est à chacun d’en faire une affaire privée. Le tournant moderne renvoie donc au fait que chaque individu ne peut plus compter sur le confort existentiel d’une communauté : C’est à chaque individu de trouver seul les moyens de sa survie.

D’un côté, l’individu moderne porte donc en lui la source de détermination de sa propre conduite : il est un sujet auto-dirigé (« auto inner directed ») : qui ne peut compter que sur ses propres ressources, sans compter sur les autres.

D’un autre côté, les institutions n’ont ainsi plus pour finalité d’assurer une organisation idéale de la société, mais elles se contentent de garantir à chaque individu les moyens d’accès à la finalité qu’il s’est fixée. Elles exercent ainsi un pouvoir passif et neutre, en assurant la reproduction de la vie biologique. Elles sont comme des machines qui excluent la question du sens de la vie, reléguée dans l’espace privée. C’est un « tournant biopolitique » (Michel Foucault).

La séparation moderne entre le public et le privé, c’est donc la démarcation entre les moyens fournis par les institutions et les finalités qui sont à la charge de chacun ; c’est surtout la séparation entre la question des conditions de la survie et la question du sens de la vie.

Les Institutions modernes abandonnent la question du sens de la vie à la sphère privée, et se contentent de seulement fournir les capacités de la survie :

  • Dans les sociétés modernes, la sphère publique est donc marquée par une mentalité de pénurie. La fonction moderne des Institutions est seulement la « survivance » de chacun. Quel contraste avec les « pauvres » sociétés archaïques caractérisées par une mentalité d’abondance (Marshall Sahlins [15]) !
  • La croissance, dans ce cadre moderne, c’est ce qui permet de donner à chacun plus d’options pour réaliser sa finalité privée.

 Or la pratique des décroissants va-t-elle contraster avec ce type de régime ?

a) En quoi la question de l’insoutenabilité écologique rompt-elle avec l’imaginaire de la croissance ? (une critique de la source « physicaliste » de la décroissance)

Pour les décroissants, le régime croissanciste édicte la croissance comme fin en soi, « la croissance pour la croissance ». Il constitue une menace pour la survie de l’espèce, donc il faut passer à un régime de décroissance (inévitable pour éviter la catastrophe). Comment envisager une croissance illimitée alors que les ressources naturelles sont finies ?

Et voilà la difficulté : en restant ainsi dans la question de la limitation des ressources, la décroissance – qui se raconte qu’elle renverse le paradigme croissantiste – ne fait que maintenir le refoulement de la question du sens de la vie. Quand les individus sont livrés à eux-mêmes pour assurer leur survie, ils deviennent des sujets de besoin : si la décroissance ne propose pas une organisation sociale qui défende plus que la survie de l’espèce, elle se contente de fournir une vigueur nouvelle au principe de pénurie qui meut l’homme moderne. Elle reproduit donc l’état d’urgence pour la vie qui a généré l’épopée moderne.

Le projet politique avec la décroissance comme trajet repose certes sur des attitudes vertueuses (comparé au régime de la croissance) mais il a toujours pour finalité la vie (et pas le sens de la vie), c’est « la vie pour la vie ». On est toujours dans l’urgence face à la rareté des ressources, la question du sens de la vie reste refoulée. Le but reste le même, ce qui change c’est juste la stratégie.

La décroissance fournit alors une nouvelle vigueur au principe fondamental de l’économie classique – la rareté : elle ne fait donc qu’étendre à la société tout entière ce que le monde de la croissance avait imposé à chaque individu particulier.

b) En quoi la question de l’insoutenabilité sociale rompt-elle avec le monde de la croissance ? (une critique de l’apport de Serge Latouche, les 8 R [16])

Le « bien avoir » fait décroître le bien-être, il provoque un affaiblissement du lien social. Des études scientifiques ont montré que la croissance de produits internes au groupe provoque une baisse du bien-être (une fois dépassé un certain seuil [17]).

Le paradoxe de la décroissance réside dans le fait qu’on ne remet pas en cause le modèle occidental, car elle cherche de manière illimitée le « toujours mieux ». Serge Latouche a dit qu’il fallait aspirer à une meilleure qualité de vie plutôt qu’à une croissance du PIB, mais c’est une tautologie. Il faut toujours développer la modernité, mais en prenant en compte ses effets pervers, c’est une logique qui rentre dans la modernité réflexive. On dénonce la modernité mauvaise sur la base d’une modernité idéale. Quand on parle du bien-être on ne parle pas du sens de la vie, or croissance et décroissance n’ont pour finalité que le bien-être.

La décroissance est donc un « respirateur artificiel » qui maintient en vie un modèle épuisé de société.

c) Étude critique du vocabulaire (les 8 R de Serge Latouche [18])

Réduire, recycler, réutiliser :

Ces trois verbes renvoient à une mise en valeur accrue des produits pour garantir la reproductibilité des ressources renouvelables et empêcher la disparition des ressources non renouvelables. C’est un processus qui ne fait qu’augmenter la propension à l’auto-contrôle des individus (ce qui est la base du sujet moderne), et qui répond au régime utilitaire dans lesquels sont plongés tous les objets et les être-vivants contemporains. Plus rien n’est sacralisé aujourd’hui, on ne fait plus de sacrifice (= extraire un objet ou un être-vivant de son régime utilitaire).

L’objectif des pratiques de réduction n’est donc qu’un cheval de Troie permettant de maintenir la logique utilitaire de tous les éléments du vivant.

Réévaluer :

Le sujet hétéro-déterminé est celui qui a réussi à créer une machine productive qui fonctionne d’elle-même, il devient alors le sujet de la consommation (il passe de l’aliénation de la production à celle de la consommation). Il peut alors se libérer de la question matérielle, se relaxer, se tourner vers les autres et s’adonner aux plaisirs, à la contemplation, etc. Il se retrouve donc à promouvoir les mêmes valeurs que celles que défend la décroissance : l’altruisme, la coopération, la beauté, etc. Comment les décroissants peuvent-ils prétendre à un renversement s’ils reprennent les mêmes valeurs que celles du consommateur auto-satisfait ?

Relocaliser :

Traduit une tendance à la maîtrise de son propre espace et le retour d’un saint-simonisme (expression de l’utilitarisme) dans le fait de n’accorder la citoyenneté qu’à ceux qui participent à la production. C’est exiger des membres de la communauté un effort, un investissement pour s’auto-gérer.

Cf. L’ « utopie politique locale » de Serge Latouche : c’est une forme de démocratie radicale où la communauté délibère sur son fonctionnement mais qui nécessite tout un entrelacement de blindages pour éviter qu’elle ne périclite. Or, il est illusoire d’imaginer pouvoir contenir une autonomie dans des limites géographiques. De plus, la communauté décrite par Latouche doit faire moins de 30 000 habitants : qui a le pouvoir de sanctionner les dépassements ? Cette organisation serait-elle vraiment démocratique?

Max Weber [19] fait une description de la ville occidentale qui nous intéresse : la ville est le noyau dur de l’espace moderne, c’est elle qui provoque la modernité en rompant avec le pouvoir impérial au XVIème siècle. Les communautés citadines se dotent de leur autonomie et mettent en place leur propre mode de gestion, elles fondent des institutions garantes de l’auto-suffisance des villes. Or c’est justement ce processus de singularisation géographique qui crée le problème de l’état d’urgence pour la survie puisque les villes ne sont plus rattachées à des processus de gestion et de production « nationaux » et qu’elles doivent trouver seules le moyen de leur propre survie.

→ Donc le processus de relocalisation voulu par la décroissance est un processus identique à celui qui a donné naissance à la ville moderne.

De plus, on imagine (naïvement) que quand une communauté devient autonome et qu’elle érige son programme politique, elle va aboutir naturellement à une définition de valeurs communes vertueuses. « Si on laisse la communauté agir en autonomie, elle va choisir naturellement le Bien », cela consiste à faire du providentialisme. La pensée décroissante se nourrit de la conviction que le mal découle nécessairement du pouvoir et des institutions.

Alors que le localisme jusqu’ici n’a pas produit beaucoup de bien (cf. Accueil des réfugiés dans les villes françaises).

Conclusion provisoire : si la décroissance envisage l’horizontalisme comme forme de l’alternative elle se trompe.

L’horizontalisme est cette forme moderne d’organisation sociale dans laquelle, à cause de la neutralité morale des Institutions qui ne privilégient aucune forme particulière de vie, toutes les formes de vie s’équivalent : la vie de l’un vaudra bien la vie d’un autre, voilà le principe moderne de l’individualisme. Le « levier » de cet horizontalisme est la marchandisation généralisée de tous les facteurs de production (la nature, l’activité et la monnaie).

Or c’est justement cette forme d’organisation qui a produit les effets pervers du système de la croissance, en laissant agir les singularités.

Il faut repenser la verticalité comme une structure organisationnelle alternative qui contredirait l’approche horizontale du capitalisme.

TRAVAIL DE GROUPE :

Groupes Ce qui nous a enthousiasmé Ce qui nous a chagriné
 

Groupe 1

 

La vision anti-utilitariste que porte Onofrio apporte un nouvel éclairage sur les décroissants. Comment décoloniser réellement notre imaginaire ?

 

 

 

La valorisation de la verticalité pourrait être un « écofascisme » (sic)

Groupe 2 Les pistes ouvertes par l’intervention L’appel à abandonner notre individualisme (c’est très difficile)
Groupe 3 L’intervention conforte notre point de vue du « quand bien même » Comment s’accorder de manière non autoritaire sur un sens de la vie commune ?
Groupe 4 L’idée qu’on promeut la croissance et la décroissance pour la survie de l’espèce humaine Pas assez de cas concrets lors de l’intervention, discours un peu trop abstrait.

REPRISE (réponses d’Onofrio Romano livrées le samedi après-midi après réflexion):

Sur la verticalité → Karl Polanyi, La Grande Transformation [20] (1944).

La société libérale est basée sur un développement aveugle, on marchandise les 3 grands facteurs de production (à savoir : le travail, la monnaie et la terre).

La société n’est plus souveraine dès lors que ces 3 facteurs ne sont plus gérés au niveau communautaire.

Développement horizontal : la gestion des facteurs de production est confiée aux individus, cela provoque une explosion de la société et des bouleversements écologiques (si la terre est confiée à la libre contraction des individus privés, on détruit la nature).

Une société verticale est une société qui reprend en main la gestion des 3 facteurs de production essentiels. Quand les institutions publiques reprennent en main le contrôle de ces facteurs, c’est ce que Karl Polanyi appelle « la grande transformation ». La société doit mettre en place un système d’autodéfense pour résister à cette marchandisation des facteurs de production (c’est le cas par exemple dans les sociétés agricoles).

Années 1970-1980 : re-marchandisation des facteurs de productions conduisant à un régime horizontaliste.

BIBLIOGRAPHIE : La Grande Transformation, Karl POLANYI, 1944.

Samedi matin : « Que décroître c’est apprendre à mourir », avec Christina Brulavoine. Méthode : entretien attentif.

a) L’escamotage des rites mortuaires

Beaucoup de rituels funéraires, comme les veillées, ne se font plus aujourd’hui, alors qu’ils permettent d’appréhender la mort et de faire le deuil. Les rituels font que la tristesse est portée par le groupe familial dans son entier, ils instaurent une proximité avec le mourant qui rend la mort plus courante, plus quotidienne. C’était d’autant plus le cas quand les mourants restaient à la maison.

Or, dans les années 1950-1960, le mourant est transféré de la maison à l’hôpital, on sort la mort de la vie courante. L’accompagnement du mourant n’est plus familial mais médical. Cet éloignement provoque une distanciation des familles, la « familiarité » de la mort disparaît.

Les hôpitaux n’assurent pas un accompagnement moral aux mourants, mais seulement un accompagnement médical, donc finalement les patients meurent seuls. Dans les années 1980, on dénonce l’acharnement thérapeutique et la solitude des mourants : les unités de soins palliatifs sont créées.

De plus, le rythme de vie que nous impose notre société tend à raccourcir le temps du deuil. Si on est en deuil, on est parfois considéré comme malade et on va nous prescrire des anti-dépresseurs. On ne prend plus le temps d’accepter la mort.

b) La croissance : fabrique accélérée du déni de la mort ?

L’individualisme dans notre mode de vie fait que l’homme occidental est prêt à tout pour ne pas disparaître. C’est par peur du néant qu’il vit dans le consumérisme et l’accumulation matérielle. Le transhumanisme et le clonage découlent directement de cette peur originelle de la mort (qu’avant les rites et la solidarité familiale savaient endiguer, mais qui aujourd’hui a toute emprise sur nous puisqu’on a anéanti ce qui nous permettait de l’appréhender).

Pour autant, on n’a jamais vu autant d’images de mort à la télé, dans les films, les livres, etc. Cette profusion d’images mortuaires provoque en nous une sorte d’immobilisme, on est blasés par la mort.

Exemples : La montée des séries policières témoigne d’un sentiment d’excitation des spectateurs face à la mort virtuelle. Idem dans la fascination que l’on a pour les films de zombies ou de vampires.

→ Est-ce par refus du réel ? À cause d’une perte de sens, qui serait due à l’attachement matériel et au manque de spiritualité dans notre société qui rationalise tout ?

Samedi après-midi : « La vie comme structure dissipative », avec Adrien Couzinier. Méthode : Entretien attentif.

Cours de thermodynamique : les 3 lois de l’énergie.

  1. a) Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

→ Tout n’est que changement perpétuel.

→ L’innovation est impossible (ce qui pose problème aux religions parce que les lois physiques contredisent la Création).

  1. b) Les transformations sont IRREVERSIBLES.

→ C’est ce qui crée le temps.

→ Avant la transformation on ne sait pas dans quel état on va aboutir, mais par contre après on reçoit l’information qu’on a changé donc on ne peut plus revenir en arrière.

  1. c) Maximisation de la dépense énergétique.

→ Tout dans l’univers cherche à dissiper le maximum d’énergie DONC il est impossible de décroître.

→ Objection sur le vivant (mais cela crée encore beaucoup de débats) car le vivant serait arrivé à un stade d’homéostasie (il se régule dans sa consommation d’énergie).

Définition de l’énergie : ce qui permet d’agir, ce qui permet le changement. L’univers existe parce qu’une source énergétique l’a créé. Plus on a d’énergie, plus on agit. Et tout élément dans l’univers cherche à augmenter son pouvoir d’action (sauf le vivant).

=> Donc la croissance – de ce point de vue énergétique – est un processus extrêmement naturel ! La décroissance, de ce point de vue, consiste donc à se frotter à ce processus naturel.

Définition d’une structure dissipative : quand il y a un flux énergétique, il y a des structures qui s’auto-organisent pour le dissiper. Ex : l’atmosphère dissipe l’énergie solaire sur la planète. Les ouragans et la galaxie ont la même forme car elles sont toutes les deux des structures très dissipatives. Le vivant aussi s’est créé pour dissiper de l’énergie.

À masse équivalente, l’être-humain non occidental dissipe 100 000 fois plus d’énergie que le soleil, l’homme occidental 1 million de fois plus. Le cerveau est la structure dissipative optimale dans l’évolution de l’univers.

Comment le cerveau peut-il dissiper de l’énergie ? En accumulant des connaissances il produit et consomme beaucoup d’énergie. D’ailleurs, à l’âge de 6/7 ans, la croissance du corps s’interrompt pour laisser la croissance du cerveau se faire, ce qui montre qu’il y a besoin de beaucoup d’énergie. Dès lors que la croissance du cerveau est terminée, la croissance du corps reprend.

La différence entre le vivant et le non-vivant c’est que le vivant a la capacité de transmettre l’information pour dissiper toujours plus d’énergie, grâce aux gènes.

Rq : La conscience est le fait de porter en soi des informations sur soi-même (donc tout être-vivant a une conscience).

Dans l’évolution, l’être-humain va commencer à manger des céréales alors qu’à l’origine il n’avait pas l’appareil digestif adéquat. Ce changement ne provient pas d’une évolution génétique mais d’une évolution culturelle : on a modifié notre comportement.

La culture, comme les gènes, permet donc de transmettre les informations permettant de passer d’un état à un autre. C’est une nouvelle manière de perpétuer la vie.

La société est donc aussi importante que le gène, c’est une structure dissipative. L’individu seul ne sert à rien, c’est la transmission de l’information qui compte.

Courir pour rester sur place

L’effet de la reine rouge (cf. Alice aux pays des merveilles, Lewis Caroll) : courir pour faire du sur place.

On agit dans l’environnement → provoque un changement dans l’environnement → donc il faut consommer de l’énergie pour s’adapter à ce changement → mais du coup on modifie encore notre environnement, etc. L’homme et son environnement sont en réadaptation perpétuelle.

La société modifie son environnement donc il faut toujours qu’elle s’adapte.

Le cycle naturel de tout élément dans l’univers est donc : croissance → changement de comportement → effondrement et ainsi de suite.

Plus les changements de comportement sont fréquents, moins l’effondrement a d’amplitude. Il faut donc limiter nos amplitudes de croissance pour avoir un effondrement agréable. C’est essentiellement dans la consommation d’énergie qu’il faut se limiter, car c’est le manque de ressources énergétiques qui provoque l’effondrement, et car notre niveau de consommation est tel qu’il pulvérise l’environnement.

Dimanche matin : les propositions concrètes qui ont émergé des différents ateliers

a) La vie comme valeur d’usage – Atelier 1

→ Demander à chaque atelier de produire une affiche synthétique résumant les points abordés (?)

→ Constituer une bibliographie décroissante permettant de tirer des arguments et d’alimenter notre discours – créer une bibliothèque commune.

A ajouter :

  • Le Papalagui, Eric SCHEURMANN, 1920.
  • Textes sur les jardins des Fraternités Ouvrières.

b) Décroître c’est apprendre à mourir – Atelier 2

Etre décroissant.e, c’est apprendre à mourir. Nous sommes d’accord sur le fait que cela passe par l’acceptation. OK, mais, comment faire ? Qu’est-ce qui nous en a éloignés ?

Apprendre à mourir passe par la re-familiarisation de notre société avec la mort de nos proches, et donc, avec la perspective de notre propre mort. Voici donc les propositions concrètes qui ont émergé de cet atelier :

  • Reprendre au corps médical et aux institutions le pouvoir qu’ils ont pris sur nos vies, sur notre fin de vie et celle de nos proches : demander organiser le retour de la fin de vie à la maison.
  • Retrouver la maitrise de nos corps en demandant d’arrêter, le cas échéant, les acharnements thérapeutiques :
    • Ne pas maintenir les gens en vie coûte que coûte,
    • Privilégier ainsi une vie qualitative à une vie quantitative.
  • Remettre le respect et la dignité du mourant au cœur de nos sociétés dites modernes, en arrêtant de les considérer comme des numéros de sécurité sociale, comme des paquets de viandes, … comme des parties à soigner : se faire de nouveau considérer dans notre globalité, comme des êtres entiers.
  • Abolition des maisons de retraite.
  • Recréer du collectif autour de la mort, des ponts intergénérationnels, pour renouer des liens et permettre l’émergence de nouveaux rituels collectifs d’accompagnement à la mort, et ainsi, la remettre au cœur de nos vies.
  • Déposséder les « marchands de mort » du juteux business de nos enterrements, en demandant à retrouver la liberté de choix du défunt et ainsi, pouvoir respecter ses dernières volontés : ex. humisation en Belgique.
  • En tant que décroissant, se positionner clairement sur le refus du mirage d’une vie physique infinie : refus du transhumanisme, du clonage, etc.
  • Repenser l’organisation sociale pour se redonner du temps à l’occasion du décès de l’un de nos proches : l’éloignement, l’éclatement du noyau familial, la proximité virtuelle des relations, font qu’il est nécessaire de se redonner un temps collectif, indispensable au processus de deuil : s’extraire du temps de travail, le cas échéant ; et pourquoi pas (re)faire la fête à l’occasion d’un décès (postulat d’une construction culturelle).
  • Plutôt que « la vie pour la vie », implicitement prôné par les décroissants (se calquant sur la croissance pour la croissance, d’après Onofrio Romano), « accepter la mort pour la vie ».
  • Analyse citation de Montaigne « Philosopher, c’est apprendre à mourir » : Apprendre à mourir est la 1ère étape. Une fois intégrée cette vérité, l’homme peut redevenir joyeux et libre.
  • Redonner du sens à nos vies, et ainsi remplir un vide spirituel, ce qui nous permettrait de nous détacher de la matérialité, de notre propre matérialité.

Sur la sociologie de la mort :

  • Louis-Vincent Thomas
  • Histoire de la mort en Occident, Philippe ARIES, 1975.

c) Arpentage d’un texte de Jean-Claude Michéa – Atelier 3

→ En quoi la perspective ouverte par Onofrio Romano peut-elle tout à fait se prolonger dans une lecture du texte proposé par J-C Michéa ?

  • Rappel : L’horizontalisme pour Onofrio Romano est cette forme moderne d’organisation sociale dans laquelle, à cause de la neutralité morale des Institutions qui ne privilégient aucune forme particulière de vie, toutes les formes de vie s’équivalent : la vie de l’un vaudra bien la vie d’un autre, voilà le principe moderne de l’individualisme.
  • Pour J-C Michéa l’objectif de la modernité (après les guerres de religion, comment vivre ensemble dans la paix ?) n’est accessible qu’à deux conditions : 1/ il faut rompre avec le postulat antique de la sociabilité naturelle (Aristote) et le remplacer par celui d’une « insociable sociabilité » (E. Kant) ; 2/ l’impératif d’une neutralité axiologique des institutions (la religion doit se contenter d’être l’affaire de chacun, en son for intérieur) ne peut se réaliser qu’au travers de ces deux « processus sans sujet » que sont le Marché et le Droit.
  • L’articulation de ces deux conditions aboutit alors à une organisation sociale fondée sur la liberté (le libéralisme).
    • Sauf que la liberté dans cette modernité n’est pas tant une valeur qu’une « méta-valeur » : C’est donc précisément parce que, dans une société libérale, il existe une valeur théoriquement partagée par tous,- la « liberté » – que cette société ne peut en partager aucune autre… Si parler de vie commune n’a de sens que là où il existe des valeurs et des pratiques morales et culturelles partagées, il faut donc en conclure qu’une politique libérale exclut par définition toute prise en compte théorique de cette sphère anthropologique particulière. »
    • C’est alors à la liberté ainsi définie qu’il revient d’être aussi le principe de limitation : mais quand seule une liberté peut limiter une autre liberté, alors c’est la guerre de chacun contre chacun.

→ Toute l’enjeu politique qui concerne directement la décroissance est alors de retrouver un principe de limitation qui ne repose ni sur une neutralité axiologique ni sur un paternalisme (descendant) des valeurs (le dilemme est parfaitement posé dans La double pensée, page 25) :

  • C’est là tout l’enjeu d’une recherche chez Onofrio Romano d’une certaine verticalité (suffit-il de démarchandiser la nature, la monnaie et l’activité pour échapper au « monde de l’équivalence généralisée » (= la marchandisation généralisée) ?
  • C’est là tout l’enjeu pour J-C Michéa d’un appel à la « décence commune » :  Si nous ne voulons pas que ce soit la rivalité des libertés qui imposent des limites à la liberté, comment limiter alors les libertés pour les rendre compatibles avec une vie commune, à la fois (socialement) décente et (écologiquement) soutenable ? Comment articuler « le meilleur dans la tradition socialiste » avec le cadre de l’espace écologique (plancher/plafond) pour partager ce « nouveau langage philosophique et politique » pour dire ensemble un Commun dans lequel les libertés seraient « remises à leur place » ? Penser et permettre les libertés dans les limites (et non pas comme af-franchissement des limites).

Pour les décroissants, ces interrogations doivent s’inscrire dans les limites de la soutenabilité écologique : comment articuler alors à la fois une tradition socialiste de la décence commune avec l’apport de l’espace écologique (plancher/plafond) ?

d) Revenu inconditionnel et revenu maximum – Atelier 4

Pourquoi pouvons-nous juger que des revenus atteignent des montants indécents ? Parce que chacun peut bien comprendre qu’au-delà d’un certain plafond, il n’est pas possible que ce soit un seul individu qui soit individuellement à la seule source de la richesse (il n’en a tout simplement pas le temps !) : autrement dit, si la source de la richesse n’est pas individuelle, c’est qu’elle est commune. Et par conséquent, si un individu reçoit un revenu indécent, c’est la part commune qu’il est en train de s’approprier (de privatiser) injustement. C’est donc la société dans son entier qui produit la valeur économique → donc il est normal que tout membre d’une société obtienne une part de cette valeur produite (c’est pourquoi le revenu inconditionnel est versé… inconditionnellement). Si on permet à des gens d’être « hors du commun » (ceux qui sont au-dessus du plafond ou en-dessous du plancher), on ne fait plus société.

Le revenu inconditionnel n’a donc pas pour but de créer ou d’inventer la société mais de la protéger, de la conserver, de la chérir.

Aujourd’hui les logiques anti-sociales de compétition et d’individuation parasitent les logiques de coopération : c’est parce qu’il y a encore de la coopération à la base de la société que d’autres logiques sont possibles ; mais ces autres logiques sapent la logique de coopération. Le revenu inconditionnel doit être mis en œuvre pour que les individus protègent la société (et pas pour que la société protège les individus).

Bibliographie :

  • Le culte de la performance, Alain EHRENBERG, 1991.
  • L’individu incertain, Alain EHRENBERG, 1995.
  • La société de fatigue, Byung-Chul HAN, 2014.

e) Psychologie d’un.e décroissant.e – Atelier 5

Nous sommes très dépendants du passé, nous devons penser un avenir à travers des modèles anciens ancrés en nous qui constituent des obstacles. Plusieurs ateliers de réflexion :

→ Comment s’approprier ces automatismes neuronaux et les déconstruire ?

Proposition : il faut penser une organisation sociale qui dégage du temps pour apprendre ces automatismes neuronaux.

→ Comment construire de nouvelles narrations et déconstruire les mythes ?

→ Compétition comme moteur de l’évolution : il faut rendre compétitive la coopération et la décroissance, écrire une mythologie décroissante suffisamment compétitive pour supplanter l’individualisme.

→ Exploration de valeurs moyenâgeuses comme « agir sans vergogne ».

→ Comment on attire les gens qui ne sont pas sensibles à la décroissance, qui en sont très éloignés ?

Proposition : Il faut compenser les sacrifices que feraient les individus pour entrer en décroissance, par le biais de services que l’on rendrait aux gens (notés selon leur empreinte écologique par le biais d’un profil internet : celui qui est le mieux noté profitera de plus de services que les autres).

Rq : Cette dernière proposition ne fait pas consensus dans le groupe de travail et a été énoncé à titre individuel.

f) La vie comme structure dissipative – Atelier 6

Pour éviter un grand effondrement il faut faire des petits effondrements par palier. Il faut une croissance modérée pour un effondrement surmontable → il faut rester dans un espace écologique défini par un plancher/plafond. La consommation illimitée de ressources énergétiques provoque l’individualisme, donc pour faire du commun il faut redécouvrir le sens de la pauvreté, à condition de bien la définir (comme manque du superflu) en l’encadrant entre la misère (manque du nécessaire) et la richesse.

Thème à traiter : L’ELOGE DE LA PAUVRETE.

BIBLIOGRAPHIE :

  • Donnant donnant : une théorie du comportement coopératif, Robert AXELROD, 1984.
  • Comment réussir dans un monde d’égoïstes : Théorie du comportement coopératif, Robert AXELROD, 1996.

g) Démographie – Atelier 7

→ Arrêter la propagande nataliste française : supprimer les allocations familiales ?

h) Grand échange sur l’énergie solaire entre Onofrio Romano et Adrien Couzinier

On est tous des capitalistes, on participe/entretient tous le système. Il n’y a pas juste quelques méchants complotistes mondiaux qui détruisent la planète, on est tous impliqués.

Sur les impasses du solaire :

  • Le soleil en face, film français réalisé par Pierre Kast (1980). Le titre fait écho à une sentence attribuée à Héraclite : « Ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face ». On la retrouve également parmi les Maximes de La Rochefoucauld : « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. » (maxime 26).

i) Débats mouvants

Deux débats mouvants ont été organisés, l’un sur la consommation de viande, l’autre sur la différence entre l’homme et l’animal.

  • Ces débats n’ont pas pour but de définir une position commune mais de faire ressortir les dissensus et les lignes de débats.
  • C’est pourquoi leur forme orale, qui peut tourner à la joute orale, les rend particulièrement vivants (cela peut avoir un côté « battle »).
  • La difficulté c’est de s’appuyer sur des lignes de démarcation qui soient en même temps clivantes mais franchissables.

Débat 1 : Différences entre l’homme et l’animal (de degré ou de nature ?)

  • Homo sapiens est-il une espèce comme les autres ?
  • L’homme a-t-il une responsabilité (morale-politique) vis-à-vis des autres espèces vivantes ?

Débat 2 : La consommation de viande

  • La souffrance animale est-elle admissible ?
  • Pour être en bonne santé, peut-on se passer d’une alimentation carnée ?

Références

[1] https://reporterre.net/Pour-changer-la-societe-changeons-la-facon-de-debattre

[2] http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/

[3] http://www.les-oc.info/2014/09/festives-cerbere-cr-global/

[4] http://lepassagerclandestin.fr/catalogue/hors-collection/decroissance-vocabulaire-pour-une-nouvelle-ere.html

[5] https://reporterre.net/Pour-changer-la-societe-changeons-la-facon-de-debattre

[6] http://www.cnrtl.fr/definition/estive

[7] http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1759

[8] http://www.oasisdeserendip.net/

[9] http://www.lesprairiesordinaires.com/micropolitique-des-groupes.html

[10] http://processus-decroissance.xyz/2016/12/08/declaration-commune/

[11] http://decroissances.blog.lemonde.fr/2017/08/12/jai-relu-la-part-maudite-de-georges-bataille/

[12] http://www.revue-interrogations.org/La-civilisation-des-moeurs-selon

[13] http://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1967_num_17_2_418491_t1_0349_0000_002

[15] http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Age-de-pierre-age-d-abondance

[16] http://www.fayard.fr/le-pari-de-la-decroissance-9782213629148

[17] Cf. diapositive N°5 dans le document www.ac-nice.fr/wmaster/ses/wp-content/uploads/sites/6/…/SES-FTA-2015-2016.pptx

[18] http://decroissances.blog.lemonde.fr/2010/07/31/les-re-de-la-decroissance/

[19] http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_ville-9782707178046.html

[20] http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tel/La-Grande-Transformation

]]>
http://processus-decroissance.xyz/2017/08/21/cr-des-festives-2107-de-la-decroissance/feed/ 2
Huitième étape : rencontre des décroissant.e.s à Saligny, 12-13 juillet 2017 http://processus-decroissance.xyz/2017/08/04/huitieme-etape-rencontre-des-decroissant-e-s-a-saligny-12-13-juillet-2017/ http://processus-decroissance.xyz/2017/08/04/huitieme-etape-rencontre-des-decroissant-e-s-a-saligny-12-13-juillet-2017/#respond Fri, 04 Aug 2017 14:03:46 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=507 RAPPEL :

La 1ère rencontre du Processus a eu lieu fin octobre 2015, les rencontres sont quasi-trimestrielles.


ORDRE DU JOUR prévu :

  • Les élections
  • L’organisation structurelle de la maison commune
  • Discussion autour de la notion d’effondrement
  1. Mercredi : Bilan des élections

Lecture par Arthur de la proposition de bilan des élections législatives 2017 pour les décroissants.

La participation aux élections avait pour objectif de dépasser le plancher de l’invisibilité de la décroissance. A l’octobre 2016, les décroissants misaient sur 80 candidatures (pour avoir accès aux financements publics).

  • Rejet de la proposition d’alliance avec l’AEI (Alliance Ecologiste Indépendante), qui n’aurait pas favorisé la visibilité de la décroissance.
  • En février 2017, une alliance technique est acceptée avec Régions et Peuples Solidaires (RPS) car les décroissants n’ont pas 80 candidatures et doutent de réussir à obtenir les financements publics seuls.

L’alliance technique signifie qu’il n’y a pas de répartition des candidats RPS ou décroissants dans les circonscriptions : il peut y avoir deux candidats de l’alliance concurrents dans une même circonscription.

Rédaction de la profession de foi : lors de la 6ème rencontre (Vierzon 1 → CR), on s’accorde sur le contenu via une liste de thèmes :

  • Rupture avec les traités de libre-échange imposés (Ceta, UE)
  • Ralentissement technologique (PMO 15 ans par exemple)
  • Réorganiser revenus/activités (RI, RMA, RTT, droit inconditionnel au temps partiel choisi)
  • Déprofessionalisation de la politique (limitation des revenus, des mandats)
  • Rester dans les limites de la nature (nucléaire, relocalisation, biodiversité, ceintures vivrières)
  • Problématiser la question des migrations (savoir accueillir, refuser l’armée internationale de réserve)

Une partie de la 7ème réunion du Processus (Vierzon 2 → CR) a été dédiée aux élections pour s’accorder sur une profession de foi, sur une affiche commune (non personnalisée et réutilisable), etc.

Finalement, 15 candidatures rattachées à RPS ont été enregistrées, et une candidature non rattachée. Pour les prochaines élections, il faudra imprimer des bulletins et des professions de foi parce que certaines circonscriptions n’ont pas mis dans les enveloppes électorales les PF et bulletins des candidats décroissants.

Coûts des campagnes selon le matériel utilisé :

Matériel Coûts
Pas de bulletin ni de PF

(2 candidatures)

Moins de 50€
Avec bulletin mais sans PF

(5 candidatures)

Entre 600 et 1300€
PF personnalisées et bulletins

(5 candidatures)

Entre 1800 et 3400€

8 candidats ont repris le verso commun de la PF, 1 candidat a repris le recto commun : certains candidats ont donc modifié le mot d’ordre adopté en réunion, voire même certains doutent de la pertinence du mot « décroissance » dans leur PF.

Ceux qui ont utilisé le plus de matériel ne sont pas nécessairement ceux qui ont eu les meilleurs résultats.

Exemple : Thierry NOEL est celui qui a fait le meilleur score (1.3%), mais il n’avait pas de profession de foi. A l’inverse, le candidat qui a dépensé le plus d’argent n’a fait que 0.7%. Mais le cas de Thierry peut être considéré comme spécifique car il est connu dans sa région.

Néanmoins, les candidats ayant fait plus de 1% sont ceux qui ont fait campagne. Et 3 candidats ayant fait plus de 1% sont impliqués sur le terrain depuis plusieurs années.

A tout cela, il faut ajouter qu’il est difficile, à cause du nombre restreint de candidatures, de prétendre dégager des enseignements vraiment généralisables. 

  • Discussion autour de la profession de foi :

 Certains pensent que la profession de foi devrait être commune mais pas unique → il ne faudrait pas dire qu’elle est obligatoire car cela pourrait avoir un effet repoussoir. De plus, la décroissance est suffisamment clivante pour ne pas IMPOSER un verso commun.

Mais pour d’autres, la moindre des choses c’est d’adopter un verso commun (si c’est commun, c’est pour tout le monde), si on veut rendre la décroissance visible. Il faut s’appuyer sur le  noyau commun.

Il faudrait pouvoir ajouter des propositions pour lesquelles tout le monde n’est pas d’accord (ex : contre la politique nataliste). Le processus a un noyau commun mais il n’est pas monolithique. Obligatoire signifie donc littéralement « ce qui nous relie », c’est le commun que l’on partage.

 

RQ 1 : Pour ou contre la récupération des idées de la décroissance ?  Si on veut diffuser les idées de la décroissance est-ce que ce n’est pas plus mal que d’autres partis parlent de la décroissance ?

RQ 2 : Dire dans la PF qu’on ne veut pas le pouvoir et qu’on n’a pas de programme, c’est se tirer une balle dans le pied.

En effet on ne veut pas le pouvoir, on veut changer les manières de voir : mais il faut le dire ou non ? Cela peut déplaire aux électeurs.

Reprise :

Entre 3000€ et 5000€ par an vont être donnés (financement public) aux décroissants → une partie va en priorité au remboursement des candidats via les droits de tirage mais que fait-on du reste ?

Les points positifs Les points négatifs
·         Visibilité du mouvement

·         Cela a permis de s’accorder autour d’une base commune

·         Apprentissage du fonctionnement des élections

·         On en sait plus sur la limite de nos arguments

·         Les élections ont attiré des personnes vers notre mouvement

·         Fonds récoltés

 

·         Pas assez de candidatures

·         Candidatures qui manquent de cohérence

·         Peu d’implication des groupes locaux

·         Difficulté à prendre des décisions et à trancher au sein du groupe du Processus

·         Candidats qui ne vont pas forcément s’impliquer sur le long-terme

·         Les élections ont repoussé des personnes qui sont pourtant d’accord avec nos valeurs

RQ : On n’a pas parlé de l’abstention mais c’est important de rappeler qu’il y a une grande méfiance vis-à-vis des pouvoirs et que les citoyens se sentent dans l’impuissance.

RQ 2 : Pour certains, l’importance des élections présidentielles sur les élections législatives laisse à penser qu’il faudrait proposer un candidat décroissant aux présidentielles + donner plus d’importance aux municipales si on veut obtenir les parrainages (mais c’est très difficile pour les municipales parce qu’il faut réunir une liste).

Analyse de ce bilan et des élections

DISCUSSION

→ Doit-on s’accorder, ou non, sur des textes en commun ? Il semble indispensable d’avoir un cadre clair et collectif qui représente nos idées et nos valeurs.

→ Est-ce trop partisan d’imposer quelque chose, faut-il PROPOSER mais pas IMPOSER.

→ Sur la question de l’investissement électoral : on continue ou pas ?

Pour certains, les élections sont le moyen le plus efficace pour faire progresser les idées de la décroissance, elles ne demandent pas beaucoup d’énergie et elles donnent de la crédibilité au mouvement.

Elles sont relativement plus rentables que d’autres actions MAIS les affiches ont été faites au dernier moment.

Choses à améliorer =

  • Il faut préparer les choses TRES EN AMONT.
  • Il faut aussi des outils communs + un projet commun qui doit être développé dans un document argumenté et plus exhaustif.
  • Mais on s’adresse à des électeurs donc il faut aussi cibler les textes selon les préoccupations des gens (qui ne sont pas les mêmes selon les régions).
  • Il faut un logo commun, un slogan commun, une appellation commune, avec des déclinaisons selon les circonscriptions.

Donc on fait un verso commun et un recto avec des déclinaisons ?

Parce que, à quoi ça sert de se réunir si après, chacun change les textes sur lesquels on s’est accordés ?

  • Il faut décider ce qu’on veut faire de ce Processus et définir un projet concret → une association ? Un parti politique ? Un collectif ?

Pour d’autres les élections ne sont ni efficaces, ni rentables : la décroissance a eu très peu de candidats et très peu de voix. Les candidats qui se présentent ne se sont jamais impliqués dans le travail des décroissants, ni avant, ni après.

 → Mais on n’a pas le choix si les gens du Processus ne se présentent pas comme candidats.

Evocation de l’expérience de la France Insoumise : processus de néophytes qui n’étaient pas au PG à l’origine (mais qui n’avaient aucune connaissance du terrain), ils ont distribué des flyers identiques partout et ils avaient un document qui développait tout leur programme → ils avaient un outil commun qu’on aurait dû avoir aussi si on avait travaillé plus en amont. Exemple d’une bonne dynamique de campagne.

  • Le travail de la France Insoumise a pris 10 ans et c’est un mouvement qui a réuni beaucoup de spécialistes très bons dans leur domaine (ce que nous n’avons pas actuellement) + il y a un problème idéologique à la base de la FI qui font que certaines idées développées ne sont pas claires (notamment sur la science, le progrès, l’eldorado océanique, etc.) donc tout n’est pas à prendre dans l’expérience.
  • De plus, ce ne sont pas les militants qui ont écrit L’Avenir en commun, c’est un programme qui n’a pas été élaboré par les gens qui se sont mobilisés. Et maintenant les militants locaux ne savent plus quoi faire, ce n’est pas un mouvement qui dure sur le long terme.

→ Sur la structuration du Processus

Il faudrait distinguer 2 entités = une (principale) qui travaille sur le mouvement de la décroissance, le contenu, les idées de fond (la maison commune) // une autre (annexe) qui se présente aux élections (structure ad hoc).

 La logique électoraliste ne vampirise-t-elle pas le Processus (comme on pourrait le penser vues les deux dernières rencontres) ?

  • Ou est-ce l’inverse, le Processus qui plombe la dynamique : on ne réfléchit pas à l’organisation sociale et politique que l’on veut mettre en place (en remplacement des institutions présentes).
  • Au contraire ! Le Processus a pour objectif de trouver un moyen de PENSER une nouvelle organisation sociale mais si on parle des élections à chaque réunion on ne peut pas avancer.

→ Sur la visibilité de la décroissance

Il faut des candidats moins parcellaires dans les idées, qui se réunissent autour d’une base commune. Est-ce que c’est normal que n’importe qui puisse se réclamer de la décroissance avec des feuilles de route différentes ?

Pour d’autres le manque de visibilité de la décroissance aux élections est dû au fait que les gens se désintéressent des élections.

Mais est-ce qu’il faut participer à toutes les élections ? Pour quel impact ?

En Lorraine, une certaine dynamique a été lancé (les 1ers bulletins de vote des décroissants ont été créés) donc il y a de plus en plus de visibilité. Donc avec 16 candidats il n’y a pas de visibilité nationale mais au niveau local ça a fait parler de la décroissance.

 

Ce qui marche Ce qui ne marche pas
 

– L’affiche : la seule non narcissique (moins efficace visuellement ?)

– L’abstention : alors que beaucoup d’abstentionnistes pourraient être d’accord avec les idées de la décroissance

– Les élections favorisent la conscientisation

 

– La distribution des PF (dans certaines régions, très mal faite et ça pénalise les petites formations politiques)

=> Il faut donner des PF aux candidats pour qu’ils puissent les distribuer comme des tracts

=> Il faut faire la PF au moins un mois en avance

 

– Pourquoi si peu de candidats ? On n’a pas été efficace pour mobiliser les gens dans le réseau de décroissants.

– On n’a aucune visibilité dans les médias.

– Mépris des élections

– Peur de s’organiser

– Soupçon de narcissisme

Pour se donner les moyens d’être visible :

  • Aller distribuer des tracts
  • Donner des sous
  • Donner du temps bénévolement

 

→ Autre question : comment on crée une dynamique ? Un candidat a X voix, qu’est-ce qu’il en fait ?

On s’inspire des Colibris ? On va vers ces gens-là (ex : les clients des AMAP) ?

→ Sur la question des municipales :

Il faut mettre en place un collectif spécial élections pour les municipales : faire un appel pour un groupe de travail et rédiger un projet municipal (différent d’un projet législatif).

  • Mais c’est très dur de mobiliser une liste municipale ! Et même quand ça marche c’est difficile de parler de décroissance en conseil municipal (tout le monde s’en fout, tu parles dans le vent).
  • D’autant que les communes sont destinées à disparaître.
  1. Jeudi : Organisation de la maison commune

RAPPEL :

  • L’objectif du Processus est la visibilité de la décroissance. Le moyen pour y parvenir serait une Maison Commune.
  • La dynamique du Processus arrive-t-elle à sa fin ? Il faut savoir conclure.

 

→ Quelle structure à cette maison commune ?

Structure confédérale qui donnerait une grande liberté à des groupes territoriaux, et au niveau national on aurait une « boîte à idées » commune.

Pour choisir entre confédération et fédération (plus centralisée), il faut discuter autour de 3 axes fondamentaux (travail de Simon D. lors de la rencontre précédente) :

  1. Les compétences des territoires
  2. La souveraineté (quand il faut trancher entre le commun et l’autonomie comment on fait?)
  3. Le territoire

Faut-il donner toute la souveraineté au local : favoriser l’expérimentation sociale mais dans un certain cadre et si on ne respecte pas le cadre on sort du réseau (comme les monnaies locales : chaque projet du réseau a son autonomie mais s’il veut revendiquer son appartenance au réseau national, alors il doit adhérer[1] à un Manifeste, fondé sur un noyau commun, avec des valeurs communes et des rayons de discussion). Ceux qui animent un groupe territorial ou un groupe thématique doivent garder un contrôle décisionnel. Dans le cas d’un conflit, on pourrait former d’abord un Comité pour en discuter et si ça n’aboutit pas on convoque une AG.

Il faut aussi accepter que le noyau ne soit pas complètement défini, le noyau est évolutif.

La maison commune aurait donc pour tâches de :

  • Gérer des listes de diffusion
  • Gérer un site
  • Gérer une revue
  • Gérer les conflits
  • Mettre en œuvre des actions qui fassent consensus

→ Il faut passer à l’étape de l’AG constitutive

qui s’appuiera sur le noyau commun (déjà très structuré grâce aux rencontres précédentes), noyau qui s’appliquera obligatoirement à la structure (qu’elle soit fédérale ou confédérale).

  • Le noyau s’appuie sur un certain nombre de principes : 1 définition claire de la décroissance (comme trajet vers la relocalisation) + 3 principes qui éclaircissent le domaine de cette définition (principe d’auto-limitation, pas de décroissance à reculons, critique de l’individualisme)
  • Le noyau n’est pas gravé dans le marbre, sans qu’il soit pour autant sans cesse remis en discussion : il y a là un travail d’appropriation politique.
  • Autour du noyau, peuvent converger des rayons, dont certains peuvent être diamétralement opposés : ils sont donc discutables (surtout s’ils reposent sur un travail de définition à clarifier : par exemple sur la notion d’État.
  • Il ne faut pas confondre ce noyau qui est « philosophique » avec ce que nous avons appelé à un « moyeu programmatique » (moyeu qui a d’ores et déjà permis l’écriture du verso de la circulaire pour les législatives)

→ Mais Il faudra définir des limites à ne pas franchir

par exemple, on ne va pas accepter des pro-nucléaires.

  • Donc qu’est-ce qui se passe si on ne respecte pas le cadre ? Alors il ne pourra plus utiliser tous les outils mis en commun
  • Et si un groupe est exclu et se revendique aussi de la décroissance ? (ce qui entretiendrait le flou sémantique autour de la décroissance) : la Maison commune n’a pas vocation à devenir une maison centrale, il y aura toujours des francs-tireurs

→ Faire des propositions publiques à des groupes pour qu’on s’unisse : cela suppose d’avoir un noyau qui ATTIRE c’est pourquoi il faut proposer quelque chose de COHERENT.

→ Qui seront les membres du commun confédéral ? Il faut en finir avec une structuration soit-disant horizontale mais où en réalité le travail est fait par quelques-uns (les « galériens »), quand certains se contentent de confondre « faire » et « faire faire ». Et quelle sera leur motivation pour travailler sur des principes communs, quelle reconnaissance et donc quelle place leur faire ?

→ Questions concrètes à aborder : Travail de groupe

  • ORGANES
  • PROCEDURES
  • ADHESION
  • FINANCEMENTS
  • COMPETENCES
  • ARTICULATION AVEC LES ELECTORALISTES

GROUPE 1

  • Structure sur le modèle du MPOC (belge): séparation (qui n’est pas contradictoire à une maison commune) entre un groupe qui s’occupe des élections et un groupe politique de long-terme.
  • Adhésion à une charte à définir
  • Appel pour créer une confédération décroissante
  • Adhésion à des groupes locaux ou au national
  • Financement au groupe local, qui reverse une partie au national
  • Organes : un groupe de porte-paroles à durée limitée et un groupe qui anime les réseaux.
  • Il faut rédiger les statuts et le règlement intérieur
  • Remplacer le MOC et le PPLD par un mouvement plus unitaire (la maison commune?)
  • Modes de décision : on ne prend pas de décisions en AG, le groupe national émet des propositions qui seront discutées en local entre chaque groupe.

GROUPE 2

  • Le commun existe depuis le début du Processus. C’est dès la première rencontre (voir invitation) qu’on a défini la décroissance comme un trajet. On tire notre noyau de textes précurseurs sur la décroissance.
  • Il faut formaliser des textes et des principes d’actions
  • La clarté du commun est essentielle pour permettre aux gens de se retrouver (ou non) dans les valeurs de l’organisation
  • Rédiger une charte qui garantit les limites du cadre
  • Adhésion via des cotisations
  • Pour s’assurer la visibilité de la décroissance il faut un responsable communication. Les compétences de la confédération doivent aussi être de donner de la visibilité au mouvement.
  • Financements : grâce aux cotisations mais aussi grâce aux subventions et aux dons → il faut rechercher des adhérents, converger vers d’autres mouvements similaires au nôtre, chercher des financements (comment ? Auprès de qui?) et définir les limites de ces financements (est-ce qu’on va aller demander une subvention à la Fondation Lagardère?)
  • Organes : un Collectif de gestion et un Conseil de Sages.
  • Les groupes locaux doivent être rattachés à un territoire géographique

GROUPE 3

  • On ne peut pas repartir de zéro, le travail du commun a été fait et doit se traduire concrètement en une charte ; et surtout certains d’entre nous ont déjà une longue expérience des erreurs à ne pas répéter : plus question de repartir encore une fois comme si c’était la première fois.
  • La structure, qu’on l’appelle fédérale ou confédérale, reposerait sur un fond commun idéologique (la Charte écrite à partir du noyau) qui se traduirait par une structure commune qui aurait au moins 2 missions : 1/ servir idéologiquement en quelque sorte d’organe de certification, 2/ assurer politiquement la coordination nationale de la visibilité de la décroissance (site, listes de discussion/diffusion, communiqués…)
  • Adhésion individuelle ; existence de groupe aussi bien territoriaux que thématiques.
  • La coopérative de décroissance-MOC s’intégrerait à la coopérative du Processus (en cas d’échec de cette AG constitutive, repli sur la structure existante).
  • On ne construit pas du commun, on est le commun.

→ Pour l’AG constitutive : réunion en OCTOBRE dans laquelle on validera 1/ la charte, 2/ les textes fondateurs : les statuts, le règlement intérieur

CE QUI SIGNIFIE : Nous devons arriver en octobre avec des PROPOSITIONS de textes DEJA REDIGEES et préparées par la Coopérative du Processus (22 membres actuellement).

Le lieu de cette réunion est encore à définir.

A titre indicatif : Les vacances scolaires de la Toussaint se dérouleront du samedi 21 octobre au dimanche 5 novembre 2017 ; le week-end du 4 et 5 devrait être réservé au FSM sur le nucléaire ; raisonnablement, il reste seulement.

[1] http://monnaie-locale-complementaire-citoyenne.net/adhesion-mlcc/

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Le libre échange, cet ennemi de l’écologie http://processus-decroissance.xyz/2017/06/07/le-libre-echange-cet-ennemi-de-lecologie/ http://processus-decroissance.xyz/2017/06/07/le-libre-echange-cet-ennemi-de-lecologie/#respond Wed, 07 Jun 2017 06:48:59 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=569

Avec la généralisation du libre échange au monde entier, la distance entre les lieux de production et de consommation est devenue si importante que, contrairement aux époques précédentes, il est impossible de connaître l’origine des matières premières et les conditions de fabrication de la plupart de nos consommations de base. Cette situation historique inédite a enlevé au consommateur la possibilité de vrais choix et a tué dans l’œuf l’écologie politique naissante.

Alors qu’un enfant de 10 ans pourrait comprendre que faire valser les marchandises aux 4 coins de la planète n’est pas compatible avec sa préservation, un écologiste ambitieux le peut plus difficilement. Être opposé au libre-échange, c’est être pour une forme de protectionnisme, aujourd’hui perçu par la vulgate médiatique libérale dominante comme une fermeture, une peur, un isolement, un repli identitaire, un nationalisme… C’est être assimilé à un réactionnaire, à un va-t-en-guerre d’extrême droite.

Il fut un temps où l’on pouvait débattre plus sereinement de ces questions : Keynes pouvait ainsi douter qu’ « introduire le capitalisme dans des pays éloignés et en dépendre pour sa survie garantisse la paix » ( 1933 ) ; le socialiste Polanyi expliquait que « le protectionnisme est une réaction d’auto-défense de la société » contre « l’utopie fanatique » de de la libre concurrence ( 1945 ) ; et Gandhi distinguait tranquillement ce qui devait être produit et consommé en autarcie, de ce qui devait pouvoir voyager loin : le savoir, les livres, l’art, les épices….

Alors que l’irruption de la contrainte écologique à la fin du 20eme siècle aurait dû condamner sans appel le libre-échange, l’écologie officielle naissante en a repris les litanies convenues et, joignant le geste à la parole, s’est alliée dans les exécutifs à des partis qui y sont favorables.

Pour la seule écologie politique réellement existante – la décroissance –, s’il est nécessaire de mettre en œuvre des droits de douanes nationaux, ce n’est pas suffisant sur la voie de la relocalisation.

D’abord, la relocalisation de l’alimentation implique que les marchés locaux doivent être protégés : les carottes doivent venir du pays.

Mais la véritable question posée derrière la critique du libre-échange et l’exigence de la relocalisation, c’est celle du produit, et par ailleurs la relocalisation ne concerne pas que les produits alimentaires, mais toutes les activités productives. Quels sont les produits éco-compatibles ? Ceux qui réclament le moins de ressources rares et non renouvelables, ceux qui émettent le moins de déchets ultimes, ceux qui exigent le moins de fossile pour les produire et les transporter. Et quand on parle de transport, l’enjeu c’est d’abord la consommation d’énergie. Les échanges peuvent être bénéfiques tant qu’ils n’ont pas un impact écologique trop élevé – et tant que les populations n’en sont pas dépendantes pour leur survie. C’est pourquoi nous voulons relocaliser les produits indispensables mais lourds, dont le déplacement nécessite beaucoup d’énergie, comme l’alimentation ou les matériaux de construction (ou les meubles ?), tandis que les produits légers, comme l’information ou les graines, pourront continuer à voyager. Si nous soutenons la mise en œuvre de droits de douane, nous refusons l’autarcie totale.

C’est pour cela que nous voulons reconstituer des bio-régions, de la taille d’une province, mettant en œuvre une coopération inter-entreprises pour réduire les pollutions autour de produits éco-compatibles, favoriser les coopératives et les petites structures : il nous faudra donc définir un protectionnisme régional tout en maintenant la solidarité nationale.

Alors peut-être pourrions nous affronter avec quelque résistance les bouleversements à venir.

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Méthodes des (f)estives http://processus-decroissance.xyz/2017/06/05/methodes-des-festives/ http://processus-decroissance.xyz/2017/06/05/methodes-des-festives/#respond Mon, 05 Jun 2017 09:09:20 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=581 Les (f)estives des décroissant.e.s : des chemins, des démarches

Etre ensemble autrement

La décroissance est un chemin vers une société sobre et juste, qui reste à inventer…

Les (f)estives se proposent elles aussi de tenter des expérimentations sur le fonctionnement des groupes et les discussions entre décroissant.e.s…

Trois principes à la base de ces expérimentations :

  1. Honorer nos intervenants, en leur donnant le temps de s’exprimer, de développer leur pensée : ne pas les mettre en concurrence. Mais, soit leur consacrer toute notre écoute, soit organiser une discussion bienveillante avec un autre intervenant.
  2. Nous respecter nous-mêmes : prendre le temps de réfléchir et d’assimiler la matière apportée par l’intervenant. Ne pas hésiter donc à y revenir plusieurs fois, en prenant le temps de digérer.
  3. Faire émerger des propositions concrètes à l’issue de chaque session thématique : modes préférentiels de vie, éléments d’un lexique commun, clivages de fond, actions de refus comme de construction, belles revendications.

Nous voulons en finir avec les traditionnelles tables-rondes, avec les questions hors sujet, avec les échanges hargneux et les prises de parole intempestives… Surtout que cette fois-ci, le thème des (f)estives est la critique de l’individualisme, c’est-à-dire cette « fable » qui raconte qu’une société se construirait à partir de ses individus juxtaposés. Nous voulons au contraire défendre l’idée que la société précède les individus, que le Commun précède le Particulier. Dans ces conditions, ce serait peu cohérent de prétendre en débattre en plaçant côte à côté des intervenants, aux temps d’interventions réduits, avant de passer aux fameuses « questions de la salle » qui par expérience ne sont que trop souvent une suite de questions juxtaposées. Il y a là une façon de « consommer » les intervenants qui ne nous semblent pas la meilleure des manières de les honorer, d’honorer ce qu’ils sont venus nous offrir.

Un décroissant qui pratique l’auto-limitation, commence par lui

Chaque participant à des (f)estives a lu « Ceci n’est pas un règlement intérieur ». Il sait reconnaître et éviter les «  moisissures argumentatives » (Cortex + Indice). En conséquence, il devrait être conscient de ses propres limites et :

  • s’autorise à poser une question seulement s’il a écouté la communication et pense faire avancer la réflexion : tout effort de radicalité est le bienvenu,
  • n’est pas agressif,
  • ne monopolise pas la parole.

Les moyens

On mettra en œuvre plusieurs formes de partage :

  • La discussion lente : le « must » des décroissant.e.s ! Sur un thème défini, refuser de compter le temps qu’il faut pour repérer, formuler et discuter. Présences éventuelles d’un modérateur et d’un distributeur de parole.
  • L’entretien attentif : un seul intervenant, qui a le temps de développer ; on prend le temps d’écouter ; éventuellement, suivi d’un travail en groupes pour discuter ensemble de ce que chacun a recueilli, pour le partager ; éventuellement (mais décalé dans le temps), partage de ces questions avec l’intervenant.
  • Le grand échange : deux intervenants prennent le temps, par la confrontation de leurs thèses, d’approfondir une thématique à partir de leurs différences et de leur commun.
  • L’arpentage : c’est un travail sur un texte écrit. Par groupe, partage du texte ou travail en parallèle. Chaque groupe doit aboutir à un commentaire ou une proposition, qui est ensuite présentée en assemblée.
  • La disputation et la lecture : inspirée des débats théologiques du Moyen Âge, la disputation est la confrontation dynamique de deux points de vue opposés. Indispensable pour bien connaître les arguments de nos opposants ! Et aussi pour permettre de dégager, entre décroissant.e.s, ce qui est la « maison commune » et ce qui est encore sujet à discussion, mais plus à dispute ! La disputatio équilibre la transmission et la recherche, c’est une méthode pour l’intelligence collective. La disputatio était complémentaire de la lectio, qui reposait sur la lecture commentée d’un texte fondamental : pourquoi pas aussi ?
  • L’atelier : plus classique, c’est un travail en petits groupes, chacun traitant d’un aspect du thème retenu. Il peut y avoir des variantes : avec intervenant, ou animateur, ou rapporteur. Un atelier peut être récurrent mais aussi singulier : il faut explorer.
  • Le débat mouvant : détente, plutôt en fin de journée ! Sur une question clivante, chacun expose un argument pour ou contre. Ceux qui sont convaincus se placent d’un côté du fleuve du doute, les opposants sur l’autre rive. Une variante peut se « jouer » avec plusieurs lignes de clivages, ce qui permet d’affiner encore plus nos positions. A chaque argument, chacun est invité à reconsidérer sa position, et il peut en changer : belle manière de construire du consensus, avec sa tête et avec ses pieds.

Les propositions concrètes

Ces trois jours de rencontres doivent aboutir à formuler des propositions concrètes, tout un programme :

  • des modes de vie : parce que les décroissant.e.s font du sens de la vie une question politique,
  • des éléments de langage : le partage d’un lexique commun serait un puissant levier pour la visibilité de la décroissance,
  • des clivages et des identifications : dans les futures convergences que nous allons construire, les décroissant.e.s doivent repérer aisément ce qui constitue le fond de leur radicalité politique,
  • des actions : parce que réfléchir sans agir, c’est rêver, et agir sans réfléchir, c’est le cauchemar,
  • des revendications : de « belles revendications », de ces revendications qui même minoritaires dans l’opinion publique peuvent faire basculer une société.
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La richesse c’est le problème, vive la pauvreté ! http://processus-decroissance.xyz/2017/06/05/la-richesse-cest-le-probleme-vive-la-pauvrete/ http://processus-decroissance.xyz/2017/06/05/la-richesse-cest-le-probleme-vive-la-pauvrete/#respond Mon, 05 Jun 2017 06:48:01 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=568

La pauvreté – s’abstenir du superflu -, autrefois distinguée de la misère – manquer de l’essentiel -, fut pendant longtemps un idéal de vie en occident comme ailleurs : faire « vœux de pauvreté » était alors valorisé ( et la terre tournait rond ). Mais l’avènement du capitalisme a accouché d’une « civilisation de l’inégalité », dans laquelle « la richesse la plus inouïe côtoie la misère la plus abjecte » ( Tocqueville, 19ème s. ) et où « la misère chasse la pauvreté » ( Majhid Rahmena, 21ème s. ).

Aujourd’hui assimilée à la misère, la pauvreté devrait alors être « éradiquée », c’est même un des « objectifs du millénaire » du Programme des Nations Unies pour le développement ( PNUD ). Par un glissement de vocabulaire, les pauvres – devenus dans la société de consommation ceux qui ne peuvent obéir aux injonctions de la publicité – seraient aussi devenus un problème à éradiquer.

Il nous semble au contraire que la richesse est devenue le problème majeur qui précipite l’effondrement planétaire, pour au moins trois raisons : d’abord le niveau de gaspillage des riches est insoutenable : si tous les habitants vivaient comme l’actuel ministre de l’écologie, la planète serait déjà détruite. Ensuite, les riches donnent le mauvais exemple du gaspillage inutile à la masse de la population, c’est pour cela que les limites physiques de la planète sont aujourd’hui dépassées. Enfin, la richesse a détruit – et continue de détruire – les sociétés traditionnelles, qui savaient vivre dans le respect de la nature.

C’est pourquoi, pour sauver la planète et les hommes, les décroissant.e.s proposent « d’éradiquer la richesse » par toute une série de mesures : limitation des revenus du travail dans une fourchette de 1 à 4, suppression des revenus (mais pas de l’usage modéré) du capital et du patrimoine, travailler moins en organisant le partage des tâches indispensables, retraite d’un montant égal pour tous, allocation jeunesse dès 18 ans, relocalisation, à petite échelle, de toutes les productions de base…

Alors, peut-être, pourrons nous en finir avec cette guerre civile permanente pour l’accumulation de richesses, ce jeu stupide où tout le monde fini par perdre en détruisant la maison commune. Ce qui n’est plus possible n’est plus souhaitable, la vraie vie est ailleurs : dans la sobriété plutôt que dans le gaspillage, dans la coopération plutôt que dans la concurrence, dans la contemplation plutôt que dans la destruction, dans le sentiment plutôt que dans le calcul, dans le partage en commun plutôt que dans le repli égoïste, dans le bricolage plutôt que dans le dernier gadget à la mode…

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Le déferlement technologique : destructeur de ressources et du lien social http://processus-decroissance.xyz/2017/06/02/le-deferlement-technologique-destructeur-de-ressources-et-du-lien-social/ http://processus-decroissance.xyz/2017/06/02/le-deferlement-technologique-destructeur-de-ressources-et-du-lien-social/#respond Fri, 02 Jun 2017 06:46:51 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=566

La haute technologie pénètre au cœur de notre quotidien et plus aucun geste de la vie courante ne se fait sans le support d’informatique embarquée. Tout doit être maîtrisé, rationalisé, mesuré, facilité, que ce soit au niveau des villes (« smart cities »), ou des individus.

Ce déferlement technologique est largement porté par le souci d’innovation permanente qui invente les nouveaux marchés, la publicité qui génère le besoin, et l’obsolescence programmée qui réduit le cycle de vie des objets et oblige au renouvellement continu.

Il se traduit par une consommation toujours croissante de ressources : eau, énergie mais aussi matériaux rares qui contribuent à augmenter l’empreinte écologique de nos sociétés technophiles…

Il détruit aussi les liens sociaux, les « objets communiquants » renfermant chacun.e dans une bulle qui nous isole de notre environnement social immédiat.

La fascination exercée sur les consommateurs par toute cette technologie les plonge dans un monde virtuel jugé bien plus attractif que la vie réelle.

Pour les décroissant.e.s, l’urgence est de sensibiliser les populations sur les dangers de ce déferlement technologique, et notamment la jeunesse en jugulant le tout numérique à l’école et en sensibilisant les jeunes sur la place raisonnée que doit prendre le virtuel dans la vie réelle.

Il est maintenant nécessaire de stopper l’obsolescence programmée en revenant à des productions utiles, durables, réparables et réutilisables, en instaurant une garantie pièce et main-d’œuvre de 20 ans. La lutte contre la publicité est notre réponse au conditionnement des individus dans un rôle de consommateur, au détriment de leur rôle de citoyen.

Les décroissant.e.s préféreront toujours des techniques simples, transparentes et conviviales et combattront les grands projets inutiles et imposés.

Cette foi aveugle en la technologie conduit à penser que tout problème à venir trouvera sa solution, plongeant l’humanité dans une insouciance coupable face aux défis du futur. La technologie n’est pas une solution, c’est le problème.

« On n’arrête pas le progrès », et c’est bien là le problème

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Nous n’avons qu’une Terre http://processus-decroissance.xyz/2017/05/31/nous-navons-quune-terre/ http://processus-decroissance.xyz/2017/05/31/nous-navons-quune-terre/#respond Wed, 31 May 2017 06:44:53 +0000 http://processus-decroissance.xyz/?p=564

Si tous les humains vivaient comme des français, il faudrait disposer de 4 planètes. Dire halte à la croissance, vouloir simplement l’arrêter n’est donc plus suffisant. Il nous faut décroître vers des sociétés écologiquement soutenables et socialement décentes.

Notre projet politique a donc pour objectif de remettre l’économie à sa place, en la faisant chuter de son piédestal libéral : ce qui implique de faire baisser l’extraction, la production, la consommation et les déchets. Il ne s’agit pas uniquement de l’abandon d’un projet d’aéroport ou de la fermeture d’une centrale nucléaire. Ces objectifs sont ceux affichés par Nicolas Hulot, nouveau ministre d’un gouvernement libéral. Mais même s’ils étaient atteints, ce qui reste très hypothétique, cela ne suffirait pas à revenir dans un espace écologiquement soutenable.

Les décroissant.e.s ont en effet compris que le capitalisme ne permettait pas de revenir dans cet espace, sous les seuils de soutenabilité. Dés lors, ils s’engagent pour la relocalisation des activités industrielles et agricoles et pour la réorientation de l’agriculture vers des systèmes de polyculture élevage. Les décroissant.e.s continueront à combattre les nucléaires civils et militaires. Conditionner la fermeture de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR à Flamanville, comme l’a fait le gouvernement socialiste et ses alliés, ne peut être un positionnement écologiste. Enfin, si l’extraction, la production, la consommation et les déchets doivent être drastiquement réduits, nous devons renoncer aussi aux politiques natalistes et de croissance démographique (qui contribuent actuellement au dépassement des seuil de soutenabilité).

C’est pour défendre ce respect des limites de la nature que des décroissant.e.s étaient présents aux élections législatives de 2017.

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